MacTribu

Connexion |  Inscription
----------

Trouver sa formation
83 universités, des centaines de formations et de diplômes par université... comment trouver sa formation ?
Avec le moteur de recherche des formations et diplômes, biensûr.

Vous êtes ici : Accueil >  Loisirs/Culture > Bouquins

Chroniques BD du mois d’Avril

9 avril 2008 par Morgane Digg Del.icio.us Facebook Google Technorati Live MySpace Scoopeo Wikio Furl Blogmarks Reddit Mister wong Viadeo

Ça sent plus que jamais le printemps ce mois-ci ! Car tels des oiseaux migrateurs, les bandes dessinées étrangères ont parcouru le monde pour venir se poser sur les fils et les balcons de vos maisons... Sur les sept présentées, vous trouverez une BD américaine, une israélienne, une argentine, une chinoise et une franco-espagnole ! De quoi vous décoiffer et vous emmener dans des univers bouleversants et inédits ! D’autant plus que même les deux BD françaises chroniquées vous feront vivre un retour au 17ième siècle, puis une envolée musicale martienne ! Venez donc voyager, ouvrez grand les yeux et profitez de vos vacances pour découvrir les BD du mois d’avril !

Les contes de Perrault en bandes dessinées

Once upon a time...

Viens mon petit, approche...
Oh mère grand que vous avez de grands yeux !
C’est pour mieux lire les contes de Perrault en bandes dessinées mon enfant !

Eh oui ! Il était une fois une bédé pour les petits comme pour les plus grands qui réunissait cinq contes de Perrault. On a tendance à penser que ces contes vieillots de la princesse gourde qui attend son prince charmant sont dépassés, mais rappelez-vous qu’avant l’arrivée des frères Grimm et l’avènement de Walt Disney, Charles Perrault, auteur du 17ième siècle, va narrer dans ses contes de la mère l’Oye des histoires populaires à la fois malicieuses, comme celle du chat botté, et terrifiantes, comme celle du petit chaperon rouge, conte qui ne se termine d’ailleurs pas si bien que cela (miam miam chantonne le loup…). D’autant plus que la force de ces contes porte également sur les messages qu’ils font passer dans leur morale finale, morale d’époque mais aux avertissements bien plus d’actualité que l’on ne le pense… Vous pourrez également lire le conte de Barbe bleu, de Cendrillon ainsi que de la Belle au bois dormant, dont la fin a sans doute été oubliée par certains, car si la princesse se réveille grâce au baiser de son prince, elle vivra d’angoissantes péripéties avec sa belle mère, une terrible ogresse… Une redécouverte littéraire donc, mais aussi graphique grâce aux cinq dessinatrices qui nous font entrer dans le monde des fées, des ogres et du grand méchant loup : en clair, une BD à s’en lécher les babines !

  • Les contes de Perrault en bandes dessinées
  • Collectif
  • Editions Petit à Petit

Fantagas

« Siboney au pays des merveilles... »

Entrez dans le monde fascinant de Carlos Nine… Monde où chaque case est une aquarelle, où le maître mot est « impression » et où les couleurs d’une profondeur voluptueuse nous entraînent sur les traces sensuelles de cette belle héroïne féline qu’est Siboney...

Mais au fait, qui est Carlos Nine ? Rappelez-vous Angoulême 2008 : l’Argentine était mise à l’honneur cette année. Carlos, comme vous l’aurez donc compris, nous vient de ce pays d’Amérique du Sud. Ce qu’il faut retenir de cet artiste, au delà du fait qu’avec Trondheim et Sfar il poursuit les aventures de Donjon, c’est qu’il a reçu le prix Alph’Art en 2001 pour son album «  Le canard qui aimait les poules ». Fantagas avait déjà été publié à cette époque, mais cette fois-ci ce sont Les Rêveurs (l’édition de Manu Larcenet) qui ressortent cette œuvre ô combien étonnante et captivante. Cet album est avant tout un conte subtil qui commence par les méditations philosophique du Fauteuil Louis XV. Cet objet a effectivement des pensées, ce qui est plutôt perturbant… Selon Descartes, la chose est claire : « je pense donc je suis ». « Oui, mais que suis-je exactement ? » se demande notre siège penseur… Et puis il y a l’inspecteur Pernot, le juge Muscadet et son amante Lily Perrier. Sans oublier la charmante chatte Siboney … C’est donc un univers complexe, envoûtant, où le surréalisme s’installe de façon poétique. La luminosité opaque, les nombreuses cases à bords perdus et les rares phylactères renforcent également l’originalité de cette œuvre unique : à découvrir sans plus attendre !

  • Fantagas
  • Volume 2 : Siboney
  • Carlos Nine
  • Editions Les Rêveurs

Nationale zéro

Quand la malédiction de la tortue sacrée vous tombe dessus !

Des incantations indiennes pour protéger les voitures, voilà qui commence fort ! En effet, Emile, français vivant aux States, vient de se dégoter un tout nouveau job : livreur de voitures.

Mais avant toute chose les bolides passent entre les mains expertes du chaman de la maison, Petit Cumulus, afin qu’elles arrivent toujours à destination. Et heureusement ! Car au cours d’une de ses livraisons, Emile va percuter de plein fouet une tortue sacrée ! Notre miss carapace va alors décider de se venger en lançant un sort à notre conducteur : désormais, quelques soient les parcours d’Emile, il se retrouvera toujours sur la nationale zéro, route inexistante sur les cartes et les GPS et qui l’entraînera dans des situations loufoques et fantastiques… Une succession d’histoires courtes nous fait alors vivre des aventures délirantes avec entre autres la rencontre de bonshommes de neige assassins, d’un homme qui respire l’eau, un voyage au centre de la terre et une bataille entre les personnages des contes de fées et les super héros ! Un premier album aux épisodes détonants tant par ses péripéties déjantées que par le graphisme humoristique de Maltaite, un dessinateur espagnol, ainsi que les couleurs toniques de Lady C. Aussi, n’hésitez plus, partez avec Emile vivre moult et absurdes péripéties sur la nationale zéro !!!

  • Nationale zéro
  • Maltaite/Janssens
  • Edition Bamboo

Pizzeria kamikaze

Au bout de la vie, il y a encore de la vie...

Regardez bien la couverture de cet album israélien, car c’est ainsi que l’histoire commence...
Par une souffrance qui se mue en acte : le suicide. Mordy met fin à ses jours en descendant une pleine boîte de comprimés et c’est le basculement… De la salle de bain en couleur, notre personnage tombe dans un monde en noir et blanc. Un gouffre ? Le néant ? Non, aucunement, car notre protagoniste se retrouve dans un monde peu différent du nôtre : celui des suicidés où Mordy a déniché un travail dans une pizzeria de la chaîne Kamikaze. Quel ironie du sort tout de même, se retrouver dans la même galère avec en prime de nouveaux doutes et de nouvelles appréhensions… Jusqu’au jour où il apprend que désirée, la femme de sa courte vie vient elle aussi de se suicider ! Mordy décide alors de partir à sa recherche. L’aventure se poursuit alors en une sorte de road movie. Accompagné de Uzi, un jeune homme s’étant tiré une balle dans la tête, ils parcourront les routes de cette nouvelle géographie ; ils feront la connaissance de Lihi, une jeune auto-stoppeuse aux yeux pleins de vie, prétendant être là par erreur… Sans s’attarder sur la question, mais de façon explicite, les auteurs lancent également un message de paix face à l’absurdité de la guerre entre Israéliens et Palestiniens. Sur fond d’événements fantastiques et mystiques, entre autodérision et rédemption, la vision banale de la mort et de la souffrance donne finalement de l’importance à la vie, cette nouvelle vie qui leur est offerte, et dans laquelle la quête principale de ces jeunes reste l’amour... Nominé au prix Eisner, Harvey et Ignatz, Pizzeria Kamikaze est un album bouleversant !

  • Pizzeria kamikaze
  • Keret/Hanuka
  • Editions Actes Sud BD

Earl et Mooch

Quant un chien et un chat n’arrêtent pas de singer !

Earl le petit chien et Mooch le chat noir, amis de toujours, reviennent en force portés par les ailes de l’ « amouuur » !Eh oui, notre coquin de félin joue les jolis cœurs dans la première partie de ce quatrième tome tout aussi hilarant que les précédents ! En effet, cette bédé américaine en noir et blanc qui regroupe les bandes quotidiennes et les pages du dimanche 27 mai 1996 au 22 décembre 1996, nous entraîne dans de nouvelles aventures toujours aussi comiques et rocambolesques ! Avec notamment des vacances à la mer ponctuées de rencontres aquatiques des plus tordantes ! Nos oiseaux migrateurs qui découvrent les joies de la maternité ! Un passage inattendu à la décharge municipale et une exposition canine délirante ! L’un de mes strips préférés est celui de Earl qui attend le retour de son maître Ozzie à la maison : on ne voit que ses petits yeux de cartoon dépasser de la fenêtre tandis qu’il se lamente en appelant son Ozzie ! Finalement, il décide qu’il ne va tout de même pas l’attendre toute la journée et disparaît alors de l’ouverture… Mais à la dernière case réapparaissent les petits yeux langoureux de Earl à la fenêtre ! C’est vraiment mignon ! Il est vrai que cette bédé rappelle Calvin et Hobbes tant pour sa tendresse que pour ses excentricités. D’autant plus que Patrick McDonnell a vraiment le don, à travers ses animaux et leurs maîtres amusants et attachants, de réaliser des critiques douces et burlesques des comportements humains. Bref, les péripéties de la vie quotidienne de nos peluches vivantes nous font vivre un excellent moment de lecture ! A bouquiner sans plus attendre !

  • Earl et Mooch
  • Patrick McDonnell
  • Tome 4 : L’amour donne des ailes
  • Editions Les Humanoïdes Associés

L’homme de Mars

Mise en orbite graphique et musicale !

Ah ça ! Pour sûr, Kent est un extraterrestre ! Il n’y avait que lui pour nous proposer un « opéra graphique ». Autrement dit, un tout nouvel album accompagné d’une bande dessinée pour illustrer son aventure SF. Eh oui ! Vous ne le saviez peut-être pas, mais en plus d’être musicien, notre homme dessine… Bien qu’ils se complètent parfaitement, cette bande-son imagée ou ces dessins mélodieux (à vous de choisir), peuvent également se vivrent séparément. D’ailleurs pour tout vous avouer, j’ai d’abord écouté les nouvelles chansons de Kent ( disque que vous pouvez d’ailleurs vous procurer seul, sans la bande dessinée). C’est une musique tout à fait différente de son dernier album « Bienvenue au club ». D’abord, notre artiste est accompagné d’un orchestre, tout en privilégiant des sons électroniques pour souligner le côté spatio-temporel de cette aventure. Poésie, jeux de mots et extravagances sont de retour dans les textes de cet auteur, avec des titres aussi magiques que « Welcome to my paradise », « On a marché sur la terre », « La nostalgie de l’avenir » ou encore « Planète Mars ». L’album bédé, lui, est formé de différents chapitres, un pour chaque chanson et dont la présentation est constituée de belles planches en couleurs. Le reste des péripéties de notre homme de Mars est en noir et blanc. Fait original, les dialogues et les onomatopées sont inexistants : vieux film muet sans le CD, « comédie » musicale avec celui-ci… Enfin le graphisme joue avec un surréalisme géométrique et l’influence américaine des publicités des années 50 et des comics. L’histoire, dans les deux cas, est celle d’un martien, personnage attachant, qui va vivre au milieu des humains, se sentir vivant, s’amuser, découvrir les rêves et les espoirs des hommes, puis qui va peu à peu déchanter… Une œuvre complète, étonnante, à la sensibilité profonde et à l’émotion forte. Bref, une histoire hors norme, à ne surtout pas manquer !

  • L’homme de Mars
  • Kent
  • Editions Actes sud

Flash by Benjamin

Un art book à tirage limité !

Connaissez-vous Benjamin ? Oui ? Alors soyez heureux d’apprendre qu’il vient de sortir son premier art book, Flash By Benjamin, qui regroupe à la fois des dessins connus et inédits dans cet album grand format. Si au contraire ce nom ne vous dit rien, faisons alors les présentations.

Benjamin est un jeune artiste chinois, auteur de romans et de BD. De la Chine nous sont parvenus trois de ses albums illustrés : Remenber, recueil de nouvelles graphiques sur sa vie de jeune, Orange, histoire d’une ado en mal de vivre et One day, bédé qui regroupe les premiers dessins qu’il a publiés dans son pays. Benjamin se démarque par un graphisme à l’esthétisme sensuel, mélange de réalisme et d’expressionnisme. Se dégage de chacun de ses dessins une fluidité et une légèreté vibrantes et poétiques. Ses sujets sont le plus souvent des jeunes en proie aux doutes et au mal de vivre dans une Chine sans repère et toujours changeante. C’est également un monde urbain qu’il dépeint, notamment grâce à des couleurs et des luminosités trash et électriques. Cet art book donne justement l’occasion de voir à la fois comment il travaille, grâce à ses esquisses, et de connaître également ses préoccupations artistiques, car l’artiste se dévoile dans l’écriture et les photos.

Aussi, que vous soyez fan de Benjamin ou que vous ayez envie de découvrir son univers très personnel et original, n’hésitez pas à vous procurer cet art book (à tirage limité) : émotions garanties !

  • Flash by Benjamin
  • Benjamin
  • Editions Xiao Pan

Bonne lecture à tous et rendez-vous dans un mois pour de nouvelles aventures bédéphiles !

Réagissez à cet article :

Nouveau fil de discussion

Aucune réaction pour l'instant ...