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Dvoràk ou la beauté du monde

15 mars 2008 par Nical

Même s’il demeure aujourd’hui connu et reconnu, il semblerait qu’ Antonin Dvoràk sombre dans un oubli non mérité depuis quelques temps. Heureusement pour vous, dans l’ombre je veille et vous offre un cours de rattrapage… Obligatoire, évidemment.

Roll over Beethoven ! Après tout, il n’était pas le seul

On peut bien faire la sourde oreille tant qu’on veut, lui comme d’autres grands hommes de la musique classique ont vu leur nom porté à la postérité éternelle, reconnus par le temps qui passe au fil de la mémoire des hommes, au fond seul juge de la qualité quelconque d’une oeuvre.

Le compositeur tchèque Antonin Dvoràk fait partie de ces compositeurs dont on peut sans se tromper affirmer qu’ils participèrent par leurs oeuvres et leurs créations à l’élaboration de tout un pan de la culture est-européenne et occidentale.
Ses compositions qu’il tint longtemps secrètes à l’abri de tous, si fines, si intenses et pourtant si simples, sans prétention, font clairement ressortir chez lui un fort sentiment d’appartenance à sa contrée d’origine, la Bohème, et plus largement même au monde slave.

Outre sa célèbre symphonie dite "du Nouveau Monde", l’ homme composa d’autres superbes pièces, telles son Stabat Mater, ses Danses Slaves, ou encore son magnifique concerto pour violoncelle en si mineur, qui fit dire à Brahms lui-même que "s’[il avait] su qu’on pouvait composer un si beau concerto pour violoncelle, [il] en aurait [écrit] un lui-même".

La découverte du Nouveau Continent de 1892 à 1895 occasionna chez Dvoràk, par l’approche même du folklore américain dans son ensemble (et donc, de la culture afro-américaine, ce qui fit polémique), la composition d’oeuvres reflétant l’imprégnation dont il avait pu se faire acteur et témoin.
Parlons par exemple de son fameux Quatuor Américain, qui reprend clairement des procédés caractéristiques du blues, ou même de la 9ème symphonie, achevée à son retour sur le Vieux Continent. Pourtant, même dans ce Quatuor Américain prédomine ce sentiment de nostalgie de la Bohème.

En un sens, il se rapproche alors de Brahms (qu’il côtoya) qui lui avait pris le parti d’une musique profondément allemande, construite sur le refus carrément explicite de toute influence étrangère (ce qui diffère de Dvoràk).

Si la musique de Dvoràk est simple, pas question pour autant de parler chez lui de musique "facile".
Le sentiment de conscience nationale qui l’habite le porte dans toute sa composition, et son séjour outre-atlantique où il découvre et apprend tant, ne le pousse que plus encore dans les bras d’une nostalgie profonde de ses racines.

Son énergie créatrice trouve des exutoires partout

On pourrait presque peindre un tableau en entendant un seul de ses morceaux : une orée de bois, en Bohème, une lumière venue d’un lointain soleil pâlichon, dont on sent qu’il réchauffe à peine la scène que l’on imagine.
Un pont de bois enjambe au premier plan une rivière au flux doux et clair, dans laquelle baigne sans doute quelques belles truites habituées de bonne manière à ces eaux limpides…

Vous appuyez maintenant sur la touche "play" (="jouer") de votre chaîne hi-fi-hi-tech-hi-diot 3oooX, et la musique commence.
Le tableau s’anime alors !

Une scène de chasse dans quelque forêt slave ?Oui-da ! L’ hallali résonne au travers et dans le corps des arbres, les chiens ouvrent la piste aux chasseurs chevauchant, la lumière matinale à l’apogée de sa fraîche clarté fait reluire le reflet feuilleté des frênes, chênes ou bouleaux dans le courant clairsemé de la rivière (cette petite rivière dont on parlait plus haut, oui !).

Une scène d’ amoureux se promenant dans ces mêmes bois ?
Vous, jeune bourgeois russe, en train de courir derrière cette belle princesse slave dont on vous a tant promis la main (devant le tsar même !), attrapant celle-ci à la volée alors que vous grimpez ce petit pont de bois, des feuilles tombées desarbres plein les chaussures, la regardant passionnément (le vent souffle légèrement bien sûr) au beau milieu de ce décor planté là par on ne sait quelle lubie de votre esprit qui s’est laissé emporter par les charmes slaves de la musique de Dvoràk.

Et déjà, c’est la fin du morceau, mince !
Allez, vite, on ré-écoute !


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Draikhin
18 mars 2008

Dvoràk ou la beauté du monde

Merci Nico !!!
merci de nous éclairer, de nous faire partager. Un saut à Gibert, et me voilà avec la Symphonie N°9 pour 5 euros. Sitôt les premières notes jaillissent des enceintes que je me dis "mais biensur ! je connais !" puis plus un mot, juste de magnifiques paysages un vol au dessus des forêts puis un piqué tout droit sur les cimes avant que mon échine soit parcourue de frissons.

Continue à nous faire partager ta passion.

@+
Olivier

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