Enfants et ados : la cible du monde virtuel

5 mai 2008 par MayD

De plus en plus, les sites comme Facebook ou Second Life s’orientent vers les "jeunes". Cet univers parallèle est la proie de grandes compagnies internationales, de jouets notamment, qui s’approprient cet espace en quête de nouveaux clients.

Aux Etats-Unis et ailleurs, le débat public sur les communautés virtuelles a été largement dominé par les risques potentiels liés aux prédateurs sexuels et aux images de violence auxquelles les enfants peuvent être exposées dans certains jeux en réseau.

Les entreprises Internet et les fabricants de jouets ont réagi en insistant sur la sécurité de leurs sites et en limitant le choix des avatars. Toutefois, Sara Grimes, professeur de communication à l’université Simon Fraser au Canada, souligne que la question des messages à caractère publicitaire et des outils marketing utilisés dans ces jeux en ligne est passée relativement inaperçue alors que certains sites collectent des données qui servent à générer de la publicité contextuelle. "C’est facile de passer à côté de ces problèmes. Les sites jouent là-dessus en se présentant comme des domaines sûrs et en exploitant les craintes des parents", assure-t-elle.

Les techniques de publicité "immersive" vont à l’encontre des conventions non-contraignantes du secteur, qui exigent que toute publicité sur les sites pour enfants soit clairement identifiée. Les autorités de contrôle n’ont toutefois relevé aucune infraction à ces règles. Les sites des dessins animés de la Time Warner affichent au démarrage un avertissement indiquant qu’ils peuvent héberger "des pages ou des contenus à caractère publicitaire". En ce qui concerne BarbieGirls.com, Chuck Scothon explique que le site est fermé à toute publicité tierce. Mais la marque ne se prive pas de vanter ses propres produits puisque les membres inscrits peuvent se rendre dans un cinéma virtuel pour regarder des bandes-annonces de films pour Barbie et ainsi gagner quelques B-Bucks.

Le site BarbieGirls.com développe à présent une zone "pour les parents" afin de mettre en avant ses garanties en termes de sécurité. Il s’agit probablement de la plus grande initiative mise en place par une société pour communiquer avec les parents sur ces questions et les impliquer dans l’offre de contenus du site. Pour Susan Linn, le sujet mérite d’être discuté plus largement afin d’étudier l’impact des mondes virtuels sur les enfants, notamment les plus jeunes, qui évoluent dans un univers "presque entièrement prédéterminé". Selon elle, "le principal objectif de la plupart de ces sites est de vous faire dépenser de l’argent pour votre avatar. Je pense que nous ne devrions pas sous-estimer le fait que les enfants tirent des valeurs et des principes des jouets que nous leur donnons et des histoires que nous leur racontons".


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