1er octobre 2008 par mistikivy | Promouvoir cet article
Chronique du quotidien au collège.
Ancienne élève d’une zone d’éducation prioritaire d’Ile de France et m’apprétant à entamer un poste d’Assistante d’éducation dans un collège, le film m’a tout de suite intéressée. Ma première motivation étant de voir la vision d’un réalisateur que j’ai eu l’occasion d’étudier cette année, sur un sujet aussi sensible que l’éducation. J’avais bien sûr peur du stéréotype facile dans ce genre de sujet sociétal, mais qu’il a habilement su éviter.
Quatre murs, une trentaine d’élèves, un enseignement, le décor est planté, les trois points de vue du film sont là. C’est le parti pris par Cantet, montrer tel quel un quotidien par le point de vue de ses témoins et les traces qu’ils laissent derrière eux. Ce n’est pas la violence des cités que l’ont dénonce ici, mais la difficulté d’exister, d’être une communauté et de se construire dans celle-ci.
Bien sûr il y a violence, il y a confrontation et conflit, mais dans une société moderne, cosmopolite et en perpétuel mouvement, comment se construire lorsqu’on a une quinzaine d’années ?
D’un autre côté, on a le corps enseignant qui tente de sortir les élèves de leur coquille. Celui-ci apparaît humain avec ses qualités, ses défauts, ses faiblesses. Ici, nous ne sommes pas dans le journal de 20h, il n’y a ni victimes, ni bourreaux, c’est ce que le spectateur apprécie.
Laurent Cantet a laissé sa caméra tourner des instants sans scénario montrant des élèves et des profs à fleur de peau. Le film permet à tout le monde de se reconnaître, élèves, profs et bien sûr les adultes qui se souviennent de leurs années sur les bancs de l’école. On est touché par ces personnages forts qui montrent tous des capacités malgré un contexte difficile.
Ce film est bien plus qu’un film sur la scolarité dans la banlieue parisienne. Il montre une société qui a évolué et auquel le système scolaire ne convient plus. On pense au film de Frederick Wiseman « High School » de 1968 tourné dans le collège tristement devenu célèbre, Columbine. Wiseman, comme Cantet, s’intéresse à la réalité sociale de son époque. Chacun a son mode d’appréhension cinématographique du monde qui l’entoure.
A son époque, Wiseman réalisait de « purs » documentaires. Il emmenait sa caméra visiter des lieux comme un hôpital psychiatrique ou un collège, ceci pour capter la réalité de la vie dans ses endroits qui nous sont communs mais dont on ne connait pas les rouages.
Cantet lui a une autre approche que l’on pourrait qualifier de docu-fictionnelle. Il fait des recherches sur ces « microcosmes » de notre société qu’il met en scène, et laisse sa caméra prendre des instants non scénarisés pour argumenter son propos. Après « Ressources Humaines » dans l’univers de l’entreprise en déroute, il nous emmène donc dans l’univers difficile de la scolarité actuelle.
Laurent Cantet, par son travail, réalise un témoignage d’une réalité du tissu social contemporain, et par la même occasion contribue à attirer notre attention sur le monde qui nous entoure. C’est ainsi qu’il réussit à intéresser et réunir un public hétéroclite pour une expérience cinématographique commune.
Cordier Amandine
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ravanniel |
« Entre les murs » de Laurent Cantet, 2008Un nouveau cinéma !
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