Espagne : victoire de Zapaptero

13 mars 2008 par MayD

La victoire des socialistes est aussi celle de la bipolarisation du pays. Pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste, les deux grands partis, PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) et PP (Parti Populaire), cumulent la quasi-totalité des sièges de l’Assemblée nationale, au détriment des petits partis nationalistes.

Quatre années de très durs affrontements sur les dossiers les plus sensibles, à savoir le terrorisme et la carte politique de l’Espagne, n’ont pas suffit à faire basculer la donne politique du pays.

Avec 169 sièges (cinq de plus qu’en 2004), le PSEO n’obtient pas la majorité absolue de 175 députés au Congrès. Il n’a pas non plus creusé l’écart avec son adversaire Mariano Rajoy du Parti populaire (PP), dont le groupe s’accroît aussi de cinq députés (153 au total).

Les grands perdants sont les petits partis de gauche. Une situation qui va obliger Zapatero à nouer de délicates alliances comme avec l’ERC (indépendantistes catalans de gauche).
Problème : ces derniers réclament des pouvoirs régionaux accrus. Une perspective difficilement acceptable pour le Premier ministre de l’Etat fédéral. Un nouveau mandat compliqué pour Zapatero qui devra aussi gérer des dossiers brûlants comme l’économie, l’immigration ou l’ETA.

La campagne s’est concentrée principalement sur le ralentissement du boom économique mais l’assassinat, vendredi, d’un ancien conseiller municipal socialiste, Isaias Carrasco, imputé par la classe politique aux séparatistes basques d’ETA, a rappelé aux électeurs la persistance d’une forte polarisation politique autour du statut de certaines régions.

Baisse attendue de la croissance

Depuis l’échec de l’amorce de dialogue voulu par le gouvernement socialiste avec les clandestins basques, le Parti socialiste ouvrier espagnol et le PP de Mariano Rajoy rejettent cependant tous deux la négociation avec les "etarras".

Selon des politologues, ce meurtre ne devait pas modifier radicalement l’issue du scrutin, que Zapatero abordait avec l’étiquette de favori, contrairement aux dernières élections qu’il a remportées à la surprise générale, en 2004, après des attentats perpétrés par des islamistes à Madrid.

Selon El Periodico de Catalunya "Il faut espérer que ce second triomphe de Zapatero ne sera pas remis en cause, comme ce fut le cas pour le premier, à la faveur de l’une des stratégies les moins nobles qu’ait connues notre démocratie. Les résultats d’hier correspondent à ce que prévoyaient les sondages, et il faut en déduire que l’ignoble attentat d’ETA à Mondragón [un ex-élu socialiste local y a été assassiné par deux membres d’ETA quarante-huit heures avant les élections] n’a pas influencé les intentions de vote, même si à droite certains se plaisent à relancer leur éternelle campagne pour délégitimer les décisions du peuple souverain".


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