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Florence Aubenas et Hussein Hanoun sont libres

12 juin 2005 par Svinkels | Promouvoir cet article

Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi sont libres. Enlevés le 5 janvier dernier en Irak, la journaliste du quotidien français "Libération" et son guide irakien ont été libérés après 157 jours de captivité, a annoncé dimanche le ministère français des Affaires étrangères. Florence Aubenas est attendue dans la soirée sur la base aérienne de Villacoublay.

Le président Jacques Chirac, qui l’accueillera en personne, a salué "l’extraordinaire mobilisation en France et à l’étranger" en faveur des deux otages. Il a rendu hommage à la "mobilisation constante" et au "travail acharné de Jean-Pierre Raffarin et Michel Barnier", évincés respectivement de Matignon et du ministère des Affaires étrangères au lendemain du référendum du 29 mai.

D’après la rédaction du journal "Libération", les deux ex-otages apparaissent en bonne santé physique et mentale. Florence Aubenas était attendue vers 21h à Villacoublay, près de Paris, tandis qu’Hussein Hanoun a retrouvé sa famille en Irak. Aucune rançon n’a été versée aux ravisseurs, a assuré l’ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier.

C’est le quai d’Orsay qui a annoncé dimanche peu après 10h30 la libération des deux otages, aperçus pour la dernière fois le 5 janvier au matin alors qu’ils sortaient de l’hôtel Mansour, à Bagdad. Florence Aubenas se trouvait dimanche en milieu de journée à bord d’un avion qui a décollé de Bagdad et devait faire escale à Chypre, où le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy devait l’accueillir, avant leur retour en France.

Le directeur adjoint de la rédaction de "Libération" Patrick Sabatier a expliqué dimanche avoir été "informé de la libération et de la ’récupération’ de Florence Aubenas et d’Hussein Hanoun samedi après-midi vers 16h".

"Florence a décollé de Bagdad dimanche à 10h30. Elle doit arriver à Chypre dans la journée et reprendre un autre avion pour Paris où elle doit arriver dans la soirée, avec Serge July", a précisé Patrick Sabatier sur le site internet du quotidien.

Le directeur adjoint de la rédaction ajoute que "d’après ce que nous savons, Florence et Hussein sont en bonne forme. On sait que leurs conditions de détention ont été rudes mais, à ce qu’on sache, Florence n’a jamais été maltraitée ou brutalisée". "Il faudra attendre son témoignage pour en savoir plus", note-t-il.

Selon Patrick Sabatier, "les conditions de leur libération sont similaires à celles de Christian Chesnot et Georges Malbrunot", en décembre 2004 : "un rendez-vous dans le grand Bagdad, une voiture, les otages".

Le directeur de la rédaction du quotidien, Antoine de Gaudemar, a déclaré de son côté ne pas avoir d’informations sur l’identité des ravisseurs, ni sur le versement d’une éventuelle rançon. Il a exprimé sa "joie" et "l’envie de dire merci à tous ceux qui depuis cinq mois à travers tout le pays nous ont soutenus dans cette épreuve. C’est quelque chose de tout à fait extraordinaire que nous n’oublierons jamais", a-t-il dit sur LCI.

Le premier -et seul- signe de vie de Florence Aubenas durant sa captivité avait été une cassette vidéo, diffusée le 1er mars. La journaliste, qui apparaissait très éprouvée physiquement et moralement, appelait à l’aide, en anglais. "S’il vous plaît. Aidez-moi. Je suis en mauvaise santé".

La semaine dernière, le directeur de "Libération" Serge July avait exprimé un regain d’optimisme. Les autorités françaises ont pu établir un contact "stabilisé" avec les ravisseurs de Florence Aubenas, à travers un intermédiaire. "La glace bouge", disait-il.

Les trois journalistes roumains libérés le 22 mai après 55 jours de captivité en Irak ont révélé dimanche avoir été détenus une grande partie du temps avec Florence Aubenas et son guide. "Nous avons réussi à murmurer ensemble en anglais. J’ai une admiration totale pour Florence. C’est la personne la plus forte que j’ai jamais rencontré", a expliqué à l’Associated Press le journaliste Ovidiu Ohanesian, reporter au quotidien "Romania Libera".

Informée samedi par le président Chirac de la libération de sa fille, la famille de Florence Aubenas a exprimé sa joie et salué la mobilisation pour obtenir la libération des deux otages. Parmi les premières réactions politiques, le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a exprimé dimanche son "soulagement" mais demandé que le Parlement obtienne "toutes les informations utiles" sur cette affaire.


source : AP

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