27 février 2008 par Charly
Voici un jeu dont on a dit beaucoup de mal… Mais le titre de Flagship mérite-t-il tout cet acharnement ?
Ne laissons pas trainer le suspense : Hellgate London n’est clairement pas le jeu de l’année mais, s’il ne détrônera pas Diablo dans le cœur des fans de rôle-action, il a tout de même de sérieux atouts et mérite qu’on s’y intéresse.
Ne vous inquiétez pas, même si l’action se déroule à Londres en 2038 et non pas sur les terres du seigneur Gardhakan en l’an de grâce douze cent sept, il s’agit bien d’un jeu de rôle avec la possibilité de créer un personnage unique qui évoluera en fonction de vos désirs (comme dans un jeu de rôle quoi). Nous sommes donc en 2038 et les bouches de l’enfer se sont ouvertes sur terre pour y déverser leurs flots de démons putrides et autres bêtes innommables afin de corrompre nos faibles esprits d’humains et d’étendre les enfers à notre (jadis) magnifique planète. La race humaine est quasiment exterminée et les survivants se terrent en attendant la bataille finale qui décidera du sort de l’humanité. Vous allez donc incarner un personnage tout nouveau tout beau (niveau 1 oblige… il ne sait pas faire grand-chose mais il y croit !) qui prendra place dans la résistance humaine qui tente de survivre dans les anciens réseaux de métro Londoniens.
Plusieurs classes sont disponibles : 3 branches principales comprenant chacune 2 sous classes :
Chez les templiers vous pourrez incarner un gardien : chevalier des temps modernes en armure, ou un maitre d’arme beaucoup plus agressif mais plus fragile. Ceux qui aiment les ambiances moyenâgeuses ne seront pas dépaysés : armure, boucliers, épées, grappins seront de la partie.
Pour ceux qui n’ont pas peur de la modernité il existe la classe des Chasseurs avec le tireur d’élite (spécialisé dans les armes à distance) et l’ingénieur (expert en technologie qui crée sa propre puissance de feu grâce à ses connaissances). _ Et enfin la classe des cabalistes (ahhh que serait un jeu de rôle sans magicien ?). Vous pourrez incarner un mage (qui utilise ses connaissances en magie occulte pour jeter des sorts) ou un invocateur qui maitrise l’art de dominer les démons.
Par contre vous devez absolument comprendre quelque chose à propos de Hellgate : quelle que soit la classe de personnage choisie votre façon de jouer sera à peu de chose près la même : de la destruction massive des forces démoniaques. Je ne vous le cache pas plus longtemps : Hellgate est un jeu défouloir qui ne fait pas dans la finesse. Dans ce jeu tout vous poussera à vous jeter corps et âme dans la bataille : la facilité des contrôles, les musiques qui rappellent celles du film Blade et les armes surpuissantes et évolutives vous donneront la confiance nécessaire pour lutter contre les forces des enfers.
Nous nous retrouvons donc à lutter contre les forces du mal mais l’ambiance n’est pas spécialement effrayante. Ici l’action prime sur l’horreur, de plus l’humour omniprésent et le ridicule de certaines situations font qu’il est difficile de stresser à cause de Hellgate London. Rien à voir avec des jeux du genre Fear ou Silent Hill, ici tout n’est que défoulement dans un univers complètement irréaliste.
Effectivement les missions vont s’enchainer en vous entrainant toujours plus profonds dans les entrailles de la ville en ruine pour défourailler du monstre à tout va… Ici la stratégie de combat est plutôt simple (voire simpliste) : trouver de bonnes armures et des armes puissantes, faire évoluer ses sorts afin de provoquer toujours plus de destruction dans les rangs ennemis.

Les commandes sont typiques du FPS classique avec en plus la possibilité de passer à la volée de la 3e personne à la 1ère personne en cours de jeu en fonction des situations. Toute l’action se déroule en temps réel et quelqu’un qui vous regardera jouer cinq minutes sur un territoire ennemi aura l’impression de voir une nouvelle version de Doom. Votre personnage a deux bras ? Parfait, vous pourrez lui caler deux armes différentes en même temps dans les mains et vous en servir comme bon vous semble. Cela permet des phases de jeu très intéressantes pour tout fan d’action, comme par exemple bloquer un ennemi grand comme un bus grâce au rayon paralysant qui est dans votre main gauche (bouton gauche de la souris) et lui tourner autour pendant que vous lui tirez dessus avec votre fusil de la mort niveau 85 (dans la main droite, bouton droit de la souris) tout en donnant l’ordre à votre démon apprivoisé de jeter toute sa colère contre lui (raccourci clavier numéro 1). Et quand vous réussissez de pareils exploits dans les couloirs de l’enfer je vous assure que vous attendrez avec impatience le prochain combat et que vous oublierez certainement les nombreux défauts du jeu (cf. un peu plus loin dans le test). C’est peut être là qu’est la force de Hellgate London : De l’action soutenue et un niveau de difficulté bien dosé qui permettent de se défouler sans complexe pendant une heure après une journée de boulot monotone.
Justement votre personnage est complètement personnalisable lors de la création et possède des caractéristiques et des sorts propres à sa classe.
Le système totalement classique : Plus vous exterminerez de démons et plus vous gagnerez de points d’expérience qui vous permettront de faire évoluer votre personnage au niveau des caractéristiques physiques (plus de force pour porter de plus grosses armes, plus de précision, etc.…) et au niveau des sortilèges que vous possédez. Si vous êtes un templier, vous apprendrez de nouvelles techniques de combat et si vous êtes un invocateur vous pourrez apprendre à contrôler une nouvelle créature par exemple. Et même si le système est très classique, les possibilités sont très nombreuses et on attend toujours avec impatience le passage du personnage à un nouveau niveau pour l’améliorer… c’est très additif. On pourrait résumer en disant qu’il n’y a que très peu d’originalité dans le système de jeu mais il fonctionne parfaitement. Tout semble bien équilibré.
La seule innovation marquante du jeu (bien que cela ne soit pas réellement révolutionnaire) est la possibilité de modifier et de faire évoluer les armes et les objets du jeu. En effet il est possible de démonter la plupart des objets afin de récupérer de la matière première qui permet de faire évoluer vos objets préférés afin qu’ils suivent votre progression dans le jeu. De plus la plupart des armes possèdent des emplacements pour des mods : de petits objets qui ajoutent des capacités supplémentaires comme des tirs enflammés, ou encore des dégâts supplémentaires sur certains types d’ennemis. Encore une fois les possibilités sont très nombreuses et c’est appréciable. Malheureusement un système de jeu aussi développé que celui-ci demande du temps, énormément de temps pour fonctionner. Et le reste du jeu nous montre clairement que les développeurs ont effectivement manqués de temps.
Hellgate possède une excellente ambiance. Pour peu que vous ayez une carte graphique récente avec un bon système de son, vous découvrirez de superbes créatures et effets visuels dans de très belles ruines de Londres, le tout servi avec des effets sonores dignes des blockbusters hollywoodiens. Le seul souci c’est que vous aurez vite l’impression que Londres est une ville qui compte deux rues, trois égouts, et cinq bâtiments. En effet le moteur de jeu crée aléatoirement des niveaux pour que chaque aventure soit unique même si vous recommencez le jeu six fois, mais le résultat est totalement inverse. On a l’impression de passer éternellement dans les mêmes lieux et de tourner en rond.
La première fois que j’ai visité un réseau d’égout j’ai été surpris par la finesse des détails des décors : murs détruits, détritus, départs d’incendie… mais lorsqu’on recroise la même bicyclette rouillée dix-sept fois, on se lasse un peu. On sent effectivement que les artistes de Flagship ont du talent à revendre, car les lieux originaux (plutôt rares) sont magnifiques, et le design des armures et des armes est excellent. Mais au bout de quelques heures de jeu on en vient à applaudir les level-designers lorsqu’ils nous permettent de découvrir enfin un décor différent des soixante quinze précédents… un comble.
Le même problème se pose avec la bande son : les musiques sont excellentes et collent parfaitement aux différentes phases de jeu… mais il n’y en a que quatre ou cinq ! Au final on n’a droit qu’à une musique de temps en temps, certainement pour éviter de lasser le joueur. Dommage.
Encore une fois les phases de jeu sont très répétitives : s’équiper, tuer des monstres dans des couloirs, s’équiper, tuer des monstres plus gros dans une rue, gagner un niveau, s’équiper, tuer des monstres dans un tunnel, etc… Alors on apprécie grandement lorsqu’on découvre une phase de jeu différente, car, si elles ne sont pas nombreuses, elles ont le mérite d’exister. Comme la séquence où l’on contrôle quatre soldats du haut d’un building à la façon d’un STR ou encore lorsque l’on prend part a un bataille épique qui oppose une trentaine de soldats (dont vous) à une masse incalculable de monstres de 20 mètres de haut.
Dernier point noir du jeu : les bugs sont encore très présents : de gros problèmes de collisions vous font de temps en temps réapparaitre au début du niveau (mais c’est rarement grave car les niveaux sont plutôt courts) ou encore la modification totale d’un niveau entre deux visites (plutôt déroutant). Mais s’ils énervent toujours un peu, ces bugs ne gênent pas réellement la progression dans l’aventure.
Au final on pourrait faire l’analogie entre Hellgate London et ce proverbe : « moins on a de confiture plus on l’étale ». En effet Hellgate London est une très bonne confiture… Mais il n’y en a vraiment pas assez. Le système de jeu est bien construit et équilibré et l’action est suffisamment intense pour palier la monotonie des décors. Certaines séquences de jeu sont originales, mais le jeu est beaucoup trop compartimenté en « niveaux ». Le jeu aurait certainement gagné à sortir plus tard : la résolution des bugs, de nouveaux décors et quelques cinématiques supplémentaires pour les temps forts du scénario n’auraient VRAIMENT pas été de refus. Malgré tout, si Hellgate London est addictif, c’est parce qu’il est bon.
Points positifs :
Points négatifs :
PS : Il m’a été impossible de tester le jeu en ligne car j’ai des problèmes avec ma connexion internet en ce moment.
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