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9 juin 2009 par
Comment critiquer Home ?
La gêne de la presse et des critiques cinéma était palpable cette semaine lors des nombreuses interviews de Yann Arthus-Bertrand, réalisateur militant écologiste, et des différents producteurs engagés, Denis Carot, Luc Besson et François-Henri Pinault.
Projet ambitieux et humaniste, Home est-il critiquable ?
Le film débute par un générique comme celui d’UGC qui inaugurait chaque épisode de Tintin, le dessin animé. Ici les grands noms du Capitalisme gravitent puis forment le titre du film : Home.
On s’interroge déjà, mise à part la signification du titre, sur le projet : n’a-t-on pas affaire à une campagne de pub ? Le capitalisme n’essaie-t-il pas de s’acheter une bonne conscience ?
Puis commence le déluge de paroles pédagogues sur un fond d’images de notre planète et de musique dite "du monde". La photographie est magnifique. Notre histoire nous est racontée comme le ferait un grand-père à ses petits-enfants, poète mais moraliste, par un prophète de Dieu qui nous révèle la Vérité. Celui-ci nous assène de "j’ai vu", de chiffres et de banalités.
Tout au long du film, on ne peut s’empêcher d’imaginer les heures de vol en hélicoptère nécessaires, et donc de relativiser l’engagement écologique. On sourit en pensant à la reconversion de Luc Besson, apologiste de la voiture et des pneus usés. On se rappelle que le groupe PPR (Pinault-Printemps-La Redoute), qui finance le projet, est engagé dans de multiples plans de restructuration malgré les gros dividendes distribués aux actionnaires. Après le Capitalisme culturel et la Fnac, Pinault s’engage de plein pied dans le "Capitalisme Vert".
Pour ceux qui aiment épier les génériques jusqu’au bout, vous aurez le plaisir de trouver des remerciements à la Banque Fortis et au directeur de la communication de Total (ancien de BNP Paribas... le monde est petit), autre symbole de propagande du capitalisme vert.
Ce film pose les mêmes problèmes que les campagnes de "conscientisation" des associations humanitaires. Que peut-on donc dire de ce film ? Albert Londres nous apporte une réponse lorsqu’il écrit dans l’épilogue de Terre d’ébène : "L’ignorance serait pardonnable, l’indifférence ne l’est pas". Mais le narrateur du film nous en apporte une autre : "ce que nous savons, il faut le croire". Et là il est question de croyance...
Ceci dit, ce film nous livre parmi des images vues et revues quelques perles que la narration nous permet toujours de situer géographiquement. Entre les belles paroles se glissent quelques bons mots sur notre problème de développement dont la déforestation est un symptôme : "[elle] détruit l’essentiel pour produire le superflu".
Superflu ? Ce film l’est-il ?
A vous de juger.
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Draikhin
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Home, homérique ou homéopathique ?Excellente critique !
Toujours cette même question : "Pourquoi ce film ?" Pourquoi nous montrer cela ? Qui et que veut-il ?
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mistikivy |
Home, homérique ou homéopathique ?Pourquoi ce film ? Peut être pour nous ouvrir les yeux. J’ai participé à une projection plein air du film à Montréal et j’ai été assez étonnée de voir le nombre de personnes qui tombaient des nues devant les images, comme-ci ils venaient de se rendre compte de la situation. Outre le débat autour du financement et tout les enjeux financiers et politiques du film, pourquoi ne pas le voir comme un documentaire témoin de son temps. Une sorte de d’état des lieux appelant à une prise de conscience collective ?
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Draikhin
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Home, homérique ou homéopathique ?Pourquoi Mistikivy... je pose alors la question : quelle prise de conscience ? Qu’on bousille la planète ?
Autre question pourquoi nous vouloir une prise de conscience collective ? Qui y gagne ?
Au plaisir de continuer la discussion...
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