Vous êtes ici : Accueil >  Actualité > Sport

Hooliganisme : l’Allemagne toujours pas sortie d’affaire

28 février 2007 par MayD

Le week-end a été calme dans les stades saxons. Et pour cause. La semaine précédente, 60 matchs avaient été annulés sous la pression de la Fédération allemande de football, la DFB, après la violence des dérapages du 11 février.

Le 11 février : 800 hooligans du club amateur est-allemand Lokomotiv Leipzig avaient, ce jour-là, mis en fuite 300 policiers et blessé 40 personnes, à la sortie d’un match de cinquième division face à l’équipe de réserve de la petite ville d’Aue. Le hooliganisme, qui avait entaché la réputation des clubs ouest-allemands de première division dans les années 90, renaît donc dans l’est du pays.

« C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts », assure le porte-parole de la police à Leipzig en évoquant les débordements de violence.

Choquées, les autorités allemandes optent pour une réponse radicale. Les prochains matchs dans la région se dérouleront sous haute surveillance : lors de chaque rencontre à risque, un procureur sera sur place pour délivrer des mandats d’arrêt, si nécessaire. Le Lokomotiv Leipzig est suspendu jusqu’à nouvel ordre, en mars prochain. Surtout, la fédération régionale décide l’annulation, les 17 et 18 février, de 60 rencontres de clubs amateurs en Saxe.

Jamais une suspension d’une telle ampleur n’avait été décidée dans l’histoire du football allemand. « Nous ne pouvons pas permettre que de tels incidents donnent l’impression que tout le football allemand est contaminé », insiste le président de la DFB, Theo Zwanziger. « Annuler les matchs ne résout rien, rétorque Günter Pilz, sociologue à l’université de Hanovre et spécialiste du hooliganisme. Cela ne fait pas sortir la violence de la tête des fans. On ne peut obtenir de succès qu’en soutenant financièrement le travail social effectué par les fans-clubs. »

Les joueurs ont également affiché leur solidarité. « Si nous revoyons ces hooligans dans les tribunes, nous quitterons le terrain. Il faut envoyer un signal fort », a annoncé Holger Krauss, le capitaine de Leipzig. Le président du club, Frank Müller, a quant à lui refusé de démissionner de son poste. « Je suis inquiet pour mon club, mais le phénomène hooligan n’est pas nouveau. Les politiciens doivent nous donner les moyens, techniques et financiers, de lutter contre cela », a-t-il estimé. « Nous ne pouvons nous permettre d’attendre la mort d’un policier pour réagir », a de son côté interpellé Konrad Freiberg, chef du syndicat de la police nationale. Le 3 février dernier à Catane (Sicile), un policier avait été tué lors d’affrontements entre supporteurs d’un match de Serie B italienne.

Souvent montrées en exemple, les associations allemandes de supporters demandent plus de moyens financiers, surtout de la part des autorités locales : "Nous ne sommes pas des pompiers. On ne pense à nous que lorsque l’incendie est déclaré, mais il faudrait empêcher que le feu prenne", estime ainsi Torsten Rudolph, coordinateur du Fan-Projekt de Dresde. Plusieurs experts appellent aussi à ne pas stigmatiser les seuls clubs de l’ex-RDA : "Il y a aussi du racisme à l’Ouest, dans l’élite, mais plus insidieux", selon Gunter Pilz, qui rappelle que des cris de singe se sont déjà fait entendre dans les tribunes en Bundesliga, pour humilier des joueurs noirs.

Source : libération


Réagissez à cet article :

Nouveau fil de discussion

Aucune réaction pour l'instant ...

Rétroliens