10 mars 2008 par MayD
Le gouvernement indien vient d’annoncer l’extinction de 600 milliards de roupies de dettes contractées par les agriculteurs. Mais ce geste ponctuel ne répond pas aux problèmes qui touchent les campagnes.
Dans le cadre du budget 2008-2009, New Delhi a annoncé l’annulation de la dette contractée par les paysans. Celle-ci s’élève à 600 milliards de roupies (près de 10 milliards d’euros). Reste à savoir si, pour les paysans indiens (environ 600 millions de personnes), cette décision causera un réel soulagement et pourra apaiser la détresse des campagnes. Très certainement pas.
L’annulation est exclusivement cantonnée aux emprunts souscrits auprès des banques, institutions et coopératives publiques. Or, selon plusieurs estimations, près des deux tiers des prêts des agriculteurs sont souscrits auprès de créanciers privés, à des taux d’intérêt usuraires : sur les 480 milliards de roupies (près de 8 milliards d’euros) qu’on estime empruntés à des organismes privés, 180 milliards (3 milliards d’euros) le seraient à des taux supérieurs à 30 % par an.
C’est chez ces emprunteurs-là que l’on enregistre la majorité des suicides – en Inde, on registre toutes les trente minutes un suicide d’agriculteur. Or ces dettes sont exclues de la mesure d’annulation.
Par ailleurs, l’extinction ne s’applique qu’aux paysans possédant une exploitation de moins de 2 hectares. Aucune distinction n’a été faite quant à la nature de ces terres, irriguées ou sèches. Or on sait que, lorsque leurs terres sont arides, les propriétaires de plus de 3 hectares connaissent les mêmes difficultés que les autres. Si le but est bien d’apporter l’aide tant attendue à une paysannerie en détresse, il est impératif de revenir sur les conditions fixées à l’annulation. D’autant que cette dernière n’empêchera en rien les agriculteurs indiens de sombrer à nouveau d’ici quelques années.
Selon le Hindustan Times
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