13 janvier 2008 par Gus
Christopher McCandless est jeune et beau comme tous les étudiants américains issus d’une famille aisée. Il vient de recevoir son diplôme universitaire et ses parents sont prêts à lui financer Harvard. Mais il a d’autres objectifs que finir pourri par cette société qui adule l’argent et contraint à la réussite professionnelle : il souhaite vivre au beau milieu de la nature, seul, car c’est ainsi qu’il voit la vie, tout comme ses auteurs préférés, Tolstoï et Jack London.
Il met donc le sac à l’épaule et part pour sa nouvelle vie qui s’annonce riche en évènements et en rencontres, avec pour objectif d’atteindre l’Alaska et d’y rester.
Au coeur de décors sublimes rappelant que les Etats-Unis sont un pays magnifique (pour ceux qui croyaient que les States se limitaient à Manhattan, Hollywood et Las Vegas), le garçon évolue au fur et à mesure du film, mûrissant à chaque nouvelle tête croisée. Du couple hippie quinquagénaire au vieux veuf paternel (l’émouvant Hal Holbrook), en passant par l’employé agricole bon vivant (Vince Vaughn) et l’attendrissante chanteuse (Kristen Stewart, magnifique), tous sont des personnages attachants et intéressants qui n’ont de cesse d’apporter chacun leur contribution à cette quête de la vie tout d’abord, puis du naturel ensuite.
Le prolifique Sean Penn s’assoit encore une fois derrière la camera dans le but d’impressionner et aussi sans doute de lancer un appel du pied à cette jeunesse que l’on entube par des discours conditionnant à la gagne. Il s’inspire pour ce film « coup de gueule » (peu prononcé il est vrai) de l’histoire réelle d’un Américain de 22 ans qui quitte sa vie de luxe pour atteindre les sommets enneigés et y vivre en paix en harmonie avec la nature, comme Dieu l’a voulu. Pour jouer ce rôle de blasé idéaliste, il engage Emile Hirsch qui rentre dans le personnage au point de perdre vingt kilos afin de mieux coller à Christopher McClandless, ou plutôt Alexander Supertramp (« super routard »), nom de remplacement que se donne le héros. Plus que convaincant ainsi que tous les autres acteurs, il incarne parfaitement l’homme et apporte sa touche personnelle en mêlant humour et jmenfoutisme. Sean Penn, lui aussi offre de son talent pour mettre en scène cette marche épique, en jouant avec les flous, jonglant avec les ralentis et arrêts, et s’amusant avec les zooms.
Cette aventure d’abord humaine, puis cinématographique, parfois drôle et tendre, mais souvent dure et triste, est l’aboutissement d’un réel travail autour d’une histoire vraie vécue à travers le carnet de bord de Christopher McCandless. Et même si le film présente quelques longueurs (pour bien nous faire comprendre la durée et la difficulté de cette épreuve), on ressort atteint par ce jeune homme qui, un jour, a dit « merde » à sa vie moderne déjà toute tracée pour en dessiner lui-même les contours, selon son idéologie, c’est-à-dire au milieu de cette Nature omniprésente dont on a trop souvent tendance à oublier qu’elle était là avant nous et pour nous.
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