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It’s free world

8 janvier 2008 par bulle

Vingt ans après “Bread and Roses”, dans lequel le réalisateur dépeint une problématique politico sociale en ce qui concerne les immigrés mexicains aux Etats-Unis, Ken Loach remet ça avec “It’s free World”. Cette fois, il s’attaque à la bonne société anglaise. Une critique, qui donne à réfléchir tellement elle pourrait être transporté dans notre bonne vieille France.

« La disparition de la sécurité de l’emploi, des travailleurs et de l’augmentation du nombre d’agences de placements sont des éléments significatifs sur lesquels, on ne communique pas » affirme Ken Loach lorsqu’il parle de l’origine du film, “It’s free world”.

En gros, c’est une sorte de documentaire détaillé et rythmé qui nous plonge dans le problème de l’immigration et de l’exploitation du travail clandestin dans l’Angleterre d’aujourd’hui. Un road movie dans une société libérale sans foi ni loi, récompensé par le prix du scénario lors de la 64ème Mostra de Venise. Et l’on doit ce script à Paul Laverty, scénariste attitré de Ken Loach depuis “Carla’s Song” en 1996.

Il explique que c’est en imaginant Angie, le personnage principal interprété par Kierston Wareing, jeune actrice encore inconnue du grand écran, que le projet de ce film s’est concrétisé.
« Elle était une pure fiction, mais dès le départ j’ai flairé les problèmes […] le monde d’Angie est une sorte de zone frontière, elle passe “légèrement” dans l’illégalité ». Ken Loach affirme même au sujet de son héroïne qu’elle « est le produit de la contre révolution Thatcher qui a mis la priorité sur les affaires, le don d’entreprendre ».

Le don des affaires, il n’y pas de doute, Angie l’a !

Avant qu’elle ne se fasse virer pour mauvaise conduite en public, cette héroïne libérale, mère célibataire, travaillait dans une agence de recrutement. Se retrouvant à la porte, elle décide avec sa colocataire, Rose, d’ouvrir leur propre agence d’Intérim dans leur cuisine, puisque, après tout avec tous ces immigrants en quête de travail, les opportunités ne peuvent être que considérables.
L’originalité de ce film réside dans le fait qu’il n’y a ni victime, ni témoin, ni opposant. L’héroïne est complexe, à la fois égoïste et généreuse. Elle se retrouve prise dans l’engrenage du libéralisme et va ainsi de plus en plus loin dans l’exploitation de la misère humaine. On ressort de la salle avec le cœur lourd, sachant en nous même que cela existe vraiment.

A 71 ans, Ken Loach nous dévoile à travers ce film, qu’il n’a rien perdu de son énergie et surtout y retrouve un de ses sujets favoris : le scandale des travailleurs clandestins.

  • Réalisé par Ken Loach
  • avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek

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