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La loi des séries

27 décembre 2005 par Carmilla, Draikhin Digg Del.icio.us Facebook Google Technorati Live MySpace Scoopeo Wikio Furl Blogmarks Reddit Mister wong Viadeo

Le 21 septembre, la série les Experts rassemblait 9,3 millions de Français devant leurs téléviseurs. Une audience record pour un divertissement en plein essor. Les séries envahissent les écrans et déchaînent les passions. Un phénomène est né. Les spécialistes de la fiction nous dévoilent les recettes d’un succès.

Lost, 24 heures chrono, Desesperate Housewives... autant de séries qui ont point commun : un budget colossal qui n’a rien à envier au cinéma... Au printemps 2006, une nouvelle série française sera diffusée sur TF1, RIS, police scientifique. Produite par une filiale de la chaîne, cette série arrive sur le marché avec un budget conséquent, pour l’hexagone, puisqu’il sera supérieur à 10 millions d’euros. « Les séries sont financées par des producteurs qui ont de plus en plus de moyens, des moyens impensables il y a seulement cinq ans » note Takis Candilis, directeur de la fiction sur TF1. Un facteur qui explique selon lui la réussite des séries.

Divertissement populaire
Grâce à des investissements sans cesse plus importants, les producteurs font appel à des acteurs venant du cinéma. Les comédiens, connus du grand public, attirent. La série devient un divertissement populaire.
Populaire, car « de plus en plus réaliste » selon Julie Gressani de FUN TV. Les jeunes adultes se reconnaissent de plus en plus dans les personnages et les situations vécues par ces derniers, « ils peuvent s’y identifier ». L’heure n’est plus au super héros intouchable mais au monsieur tout le monde avec ses défauts, beaucoup plus fédérateur.
La série Lost, qui réunit en moyenne 6.3 millions de téléspectateurs sur TF1, comprend 14 personnages principaux. « Une multitude d’individus et de sensibilités qui permet à tout le monde de s’y reconnaître » pour Takis Candilis. La série devient alors un peu comme une famille que l’on retrouve.

Créativité débordante
Pour Sandra Ouaiss, responsable des acquisitions séries à Canal +, le succès de ce phénomène s’explique aussi en partie par « le formatage de l’offre cinéma ». Ce dernier a lassé le public en multipliant les suites, les retours et autres formules qui ont déjà fait recette. Sandra Ouaiss déplore donc un « manque de créativité » dans le cinéma actuel, tout à l’opposé des séries.
Prises de risques, innovations et originalité, les scénaristes de fictions font preuve d’une créativité débordante. Tout est fait pour proposer des produits qui se démarquent des autres, les nouveaux concepts se succèdent et l’on assiste à une véritable course à l’innovation.
A l’image d’Over there, qui sera diffusée courant 2006 sur la chaîne cryptée, la fiction poursuit parfois la réalité...Cette série suit le parcours d’une unité de soldats américains qui arrivent en Irak et sont immédiatement plongés dans la guerre. Autre série américaine, autre exemple, Rescue me met en scène les héros du 11 septembre, les pompiers de New York. Ces derniers apparaissent sous leur jour le moins complaisant et ça plaît, puisque Rescue me est devenue la fiction la plus regardée du câble américain.

La carte du suspens
Pour Sandra Ouaiss, « La qualité des séries s’est accrue, et en fait des produits attractifs, addictifs même ». Et le suspens y est pour beaucoup, véritable clé de voûte de la réussite des séries. Ce n’est pas un hasard si celles qui remportent le plus de succès sont policières. Elles jouent à fond la carte du suspens, « on assiste à un retour au bon vieux système du feuilleton, un système qui captive par l’intrigue, et donne envie de connaître la suite » analyse Takis Candilis. A la fin d’un épisode, tout est mis en œuvre pour persuader le téléspectateur de regarder la suite, rebondissements de dernière minute, révélations, tous les moyens sont bons. « L’essentiel pour une série c’est de fidéliser » affirme-t-on à Canal +.
En amont des premières diffusions, une très forte campagne publicitaire est mise en place pour concerner le futur spectateur. Les séries bénéficient d’une véritable politique de lancement, et sont ainsi très attendues. Sur Internet de plus en plus de forums de discussions y sont consacrées, véritables indicateurs du succès rencontré. Les Fans se multiplient et les plus impatients téléchargent même les séries sur leur ordinateur pour les regarder avant qu’elles ne soient diffusées sur les chaînes hertziennes. Internet accélère la notoriété des séries.

Un format hybride
Contrairement aux sitcoms comme Friends qui durent en moyenne 20 minutes, le format privilégié pour les séries est le 52 minutes. Pour Sandra Ouaiss, « c’est le format du moment. Il est facile à consommer et permet de construire une histoire sans trop s’étendre, tout en permettant le renouvellement. » Moins long qu’un film, la série laisse plus de liberté au téléspectateur, tout en lui permettant de mieux rentrer dans la psychologie des personnages. « On a plus le temps de les connaître et de s’attacher à eux. C’est un format particulièrement digeste » souligne Takis Candilis. Un format qui permet « l’utilisation d’ellipses et la multiplicité des personnages », et qui explique pour beaucoup la réussite des séries.
Mais face à une offre de plus en plus conséquente, la bataille de l’audimat est rude. Les chaînes françaises se rendent donc aux États unis, fournisseur officiel du marché mondial des séries, à la recherche du produit novateur qui permettra de dominer le marché. Elles vont donc chercher autre-atlantique une expérience, un savoir-faire déjà mis en place à grande échelle sur un même type de société. « Ce doit être un produit fort et engagé » à Canal + , « un produit qui réponde aux critères de qualité de production et du casting » à TF1. Au final, ce doit être un succès. Les audiences qui s’envolent le confirment, la folie des séries n’est pas près de s’essouffler...


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