20 février 2008 par MayD
La mémoire des enfants juifs pourrait être honorée en classe. C’est ce qu’a annoncé Nicolas Sarkozy le 13 février lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), précisant que chaque élève de CM2 se verrait confier la mémoire d’un enfant déporté pendant la seconde guerre mondiale.
Serge Klarsfeld dans Le Monde du 19 février défend la proposition : « L’initiative du président de la République est extraordinaire, et ceux qui en sont aujourd’hui les détracteurs prétendront demain en avoir été les inspirateurs. » L’initiative a soulevé l’indignation de beaucoup, à gauche comme à droite, aussi bien dans la classe politique que chez les journalistes et les intellectuels.
La Shoah fut de longues années durant relativement marginalisée, elle ne couvrait que quelques pages dans les manuels scolaires et était bannie des conversations. Les victimes ne souhaitaient pas être considérées comme des victimes particulières.
Actuellement, on assiste à un renversement de la situation, avec notamment le projet de Nicolas Sarkosy de confier aux élèves de CM2 la mémoire d’un enfant déporté.
Pourquoi cet événement plutôt qu’un autre ? Est la question qui a surgit de prime abord. D’autant que pour certains médecins ce fait pourrait avoir des conséquences psychologiques désastreuses pour les élèves.
Le magazine Sciences Humaines y consacre un dossier.
Extrait du dossier : "Il serait sans doute plus fécond de penser la singularité de la Shoah comme une hypothèse de recherche que de la postuler comme un dogme. Auschwitz n’est pas un événement historiquement incomparable. Sa mise en parallèle avec d’autres crimes, violences et génocides permet d’établir les différences qui les séparent et de saisir leur singularité : élaborer une typologie ne signifie pas fixer une hiérarchie. La singularité d’Auschwitz ne fonde aucune échelle de la violence et du mal. Il n’y a pas un génocide « pire » qu’un autre et toutes les victimes ont droit à la mémoire et à la compassion. Il serait bien dommage si, après avoir été le levier d’une herméneutique de la barbarie du XXème siècle, la mémoire de la Shoah devenait l’objet d’une focalisation exclusive."
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