6 mai 2008 par MayD
Chaque jour, 100 000 personnes meurent de faim ou de ses conséquences immédiates et 826 millions d’êtres humains sont gravement sous-alimentés de façon chronique. Or, la planète regorge de richesses, les ressources agricoles pourraient normalement nourrir 12 milliards d’êtres humains, soit deux fois la population mondiale.
La crise alimentaire mondiale est avant tout une violation massive d’un droit de l’Homme, le droit à l’alimentation : c’est la position défendue par le juriste Olivier De Schutter qui a succédé le 1er mai au sociologue Jean Ziegler comme rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation.
Le défi est double : gérer la crise alimentaire mondiale et le lourd héritage laissé par son encombrant prédécesseur.
Le nouveau rapporteur spécial demande une session extraordinaire du Conseil des droits de l’Homme sur le droit à l’alimentation, ce qui signifierait que cette institution basée à Genève, non seulement se pencherait sur un droit économique et social, mais aussi sur une thématique qui affecte l’ensemble des pays : une double première. Que justifie la gravité de la situation, estime-t-il.
Objectif : que le Conseil des droits de l’Homme adresse un message à la Communauté internationale qui ne parlerait plus seulement de famine ou de pauvreté, mais du droit à l’alimentation, "le grand absent de cette crise". En clair : qu’il reconnaisse les obligations des Etats en la matière.
Olivier De Schutter se positionne ainsi d’emblée comme le juriste spécialisé en droits de l’Homme qu’il est.
Le droit à la nourriture [ou droit à l’alimentation] est reconnu depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Mais qu’est-ce qu’il implique ? Et comment peut-il être mis en pratique ? Voilà quelques-unes des questions qui sont au centre d’un débat, ouvert depuis plus de 5 ans, sur l’adoption d’un "code de conduite" concernant le droit à la nourriture.
Le Code international de conduite sur le droit de l’homme à une nourriture adéquate a été proposé pour la première fois au Sommet mondial de l’alimentation de 1996. Il a recueilli un vaste soutien parmi les organisations non gouvernementales qui plaident la cause de ceux qui ont faim.
Le droit à la nourriture est énoncé dans les constitutions de plus de 20 pays, et quelque 145 pays ont ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, de 1966, qui invite expressément les Etats signataires à légiférer pour le droit à une nutrition adéquate.
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