5 mars 2008 par bulle
Quand en France, il paraît naturel pour les jeunes de s’éclater en boîte de nuit, de danser, de draguer la jolie petite blonde assise seule au bar, et repartir à deux pour un amour d’un soir, ou un amour pour toujours, à Tokyo, ce n’est si pas évident. De jeunes femmes Tokyoïtes, étudiantes, jeunes diplômées, ou salariées, dans la fleur de l’âge, belles et bien sous tout rapport, vont jusqu’à dépenser la moitié de leur salaire pour avoir la compagnie d’un jeune homme.
Elles les appellent des « hosts », ou simplement Hôtes en français. Ces jeunes hommes au look et aux coiffures improbables semblent sorti tout droit d’un Manga. La mèche rebelle, la coloration futuriste, costume élégant limite seventies, ils arpentent les rues de Kabuchiko, le quartier chaud de Tokyo. Entre un karaoké et un bar branché, ils accostent les filles flânant dans les rues, les draguent, les amènent dans des « host club » et leur tiennent compagnie. Attention, il ne s’agit pas de prostitution, ils ne vendent pas leurs corps à ces demoiselles, seulement leurs présences. Ils sont là pour les divertir le temps d’une soirée, et surtout les faire consommer, car plus elles boivent, plus ils s’enrichissent.
Dans une société où hommes et femmes ont du mal à communiquer, il n’est pas étonnant que certaines personnes soient prêtes à mettre le prix fort pour une soirée en compagnie de l’autre. Le Japon est une société à part entière, car si les américains sont libérés et le clament haut et fort, les japonais sont plutôt du genre coincés face au sexe opposés. Cela est peut être du à leur scolarité non-mixtes, mais c’est surtout un véritable problème pour eux. Le flirt inopiné n’existe quasiment pas, les hommes ne savent pas comment faire et les femmes sont d’éternelles enfants, bercées d’illusions de prince charmant version manga. Alors dur dur de trouver l’âme sœur.
Mais c’est une aubaine pour les « Host », certains arrivent à se faire 1 à 2 millions de Yen par mois, soit 6000 à 12 000 euros, seulement pour leur présence et leurs petites attentions à ces dames. De quoi vouloir être japonais !!
Mais cela soulève surtout un réel problème de la nouvelle société japonaise. Aujourd’hui bon nombre de jeunes actives ne veulent pas s’établir ou se marier avec quelqu’un, ni fonder de famille. Elles sont déjà harassées de travail, en plus des longues heures passées dans les transports en communs, s’il fallait encore s’occuper d’un mari barbant et d’enfants criards, elles ne s’en sortiraient pas ! Alors elles préfèrent louer les services d’un inconnu le temps d’une soirée. Cependant dépenser 150 euros, juste pour discuter et boire un verre…. c’est ce que l’on appelle la solitude.
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