17 janvier 2008 par FREDDY WONG
Matt Groening, le créateur de la série, avait bien fait comprendre lors de la promotion du film “Les Simpson : Le film”, que cet opus cinématographique était la seule manière qu’il avait trouvé pour poursuivre son autre série : “Futurama”. Une sorte de « Futurama AID » quoi ! Bob Geldof a de quoi être fier.
C’est donc pour les fêtes de fin d’années que la branche vidéoludique du « Futurama AID » sortit, sous la tutelle de EA, l’épisode digital.
“Les Simpson : Le Jeu”, puisque c’est son titre (je crois qu’on tient un concept là, non ?), est décliné sur toutes les plateformes possibles et imaginables : PS2, PS3, PSP, Xbox 360, Wii, DS et Atari 2600 (ça va, je plaisante).
C’est donc sur la version DS, que je vais rencontrer la famille la plus fondue de tout les Etats-Unis.
En Etats-Uniens, justement, « Springfield » signifie littéralement « champs de printemps », mais c’est avant tout le lieu où se déroule LS:LJ (c’est marrant sa sonne comme un mauvais groupe de R’N’B). Comme vous pouvez vous y attendre, vous incarnerez tour à tour chaque membre de la famille Simpson et leurs supers pouvoirs respectifs.
Homer Jay Simpson se transforme en boule géante en aspirant du gaz. Il peut voler, rebondir ou encore écraser ces adversaires.
Marjorie alias « Marge » Simpson, née Bouvier, utilise un mégaphone pour rameuter les foules et les coordonner, comme si sa douce voix de poissonnière entretenue par deux paquets de gitanes sans filtres quotidien ne suffisait pas.
Bartholomew Jojo « Barth » Simpson, le petit gaucher de la famille (vous pouvez vérifier si vous ne me croyez pas) peut se transformer à sa guise en “Bart-man” et planer, après un double saut, sur une courte période. Il peut aussi tirer avec un lance-pierres ou un Barth-rang.
Elisabeth Marie « Lisa » Simpson, quant à elle, a le pouvoir de diriger « la main de Bouddha ». Une main géante, sensible à la méditation qui vous ouvrira le passage bien des fois.
Et pour finir, Margaret « Maggie », la benjamine de la famille Simpson, agit de consort avec sa mère et passe là où sa génitrice ne peut accéder.
Une fois de plus nous récupérons, nous possesseur de DS, un simple portage de jeu. Tout juste adapté avec une pelle.
Ce n’est pas avec ce jeu que vous allez user votre stylet. Au pire, vous ne vous rappellerez plus où vous l’avez mis, tellement sa sollicitation est sporadique ou anecdotique. Vous devrez le sortir de son fourreau pour naviguer sur une pauvre vue en pseudo isométrie de la ville de Springfield et dans les autres menus.
Il vous sera néanmoins indispensable pour contenir la foule de Marge et durant les phases méditatives de Lisa, où vous aurez à manipuler « la main de Bouddha ».
Et là, ça devient problématique car vous ne vous rappelez pas où peut bien se cacher ce fichu stylet.
Enfin, il deviendra, votre interface de dressage de Homer (cf. : Le Homer au pépère).
Bref, LS:LJ DS n’a été en aucun cas pensé un tant soit peu pour cette plateforme et cela se ressent jusqu’au bout du stylet.
Mais allons au-delà. Et bien, ce n’est pas mieux… Même au-delà de là, ben y a pas grand chose.
On oublie la full 3D des autres versions pour un jeu de plateforme 2D où le scrolling règne en maître incontesté.
Le premier conseil que je vais vous donner (et non des moindres, croyez-moi) est simple. Dès que vous le pourrez, allez dans le menu des options et baissez le son des voix au minimum. Si vous ne le faites pas, la céphalée qu’elles déclencheront aura raison de vous. Très vite, vous vous apercevrez que les gimmicks des PNJ rencontrés, au demeurant très drôles à la première écoute, deviennent un véritable supplice au bout de la vingtième ou trentaine fois. En effet, ces petites phrases se voulant assassines (je gifle le premier qui dit Creed) sont jouées en boucle jusqu’à la mise hors service, malheureusement temporaire, de ces mêmes PNJ et perdent de ce fait toute (im)pertinence.
Les désagréments sonores ne sont rien comparés à la frustration engendrée par des check-points bien trop espacés et des niveaux de difficulté mal gérés. Comme c’est bien trop souvent le cas dans ce genre de portage, pour essayer de dynamiser les niveaux de jeu, et ainsi tenter de masquer un gameplay ennuyeux et quasiment inexistant, les développeurs ont opté pour la solution de l’apprentissage par l’échec .
Et là, c’est le drame. J’espère pour vous, que vous êtes habitués à jouer la dragonne de votre DS bien fixée au poignet. Si ce n’est pas le cas, faites-le et considérez que c’est mon deuxième conseil. Car, croyez-moi, ça vole bien une DS, mais pas longtemps.
En revanche, elle n’a aucune compétence en atterrissage et préfère exploser en dizaine de petits bouts de plastiques blancs au moindre contact avec une surface dure. Certainement pour attirer l’attention sur elle.
En fait, LS:LJ, tombe dans les mêmes clichés du jeu vidéo qu’il dénonce de façon sarcastique tout au long des phases de jeu. Si vous voulez mon avis (évidement que vous voulez mon avis, sans quoi vous ne liriez pas cette chronique), à ce stade, c’est un peu tendre le bâton pour se faire battre.
C’est quand même dommage, l’idée de la mise en abîme de l’univers vidéoludique est très riche et aurait pu déboucher indubitablement sur un bon jeu.
Pour en finir avec le côté obscur j’aimerais pointer (non pas du stylet, puisse que je ne l’ai pas encore retrouvé) du doigt le manque de profondeur et les invraisemblances scénaristiques.
Par exemple, le rôle que tiennent les nombreux habitants de Springfield. Vous aurez à les rencontrer dans leur totalité, ou presque. Sauf que vous devrez juste les marave sans aucune retenue. Quel que soit le personnage que vous incarnerez, vous vous transformerez en distributeur à hématomes en tout genres et pertes de connaissance plus ou moins longues. Homer mettra de véritables raclées à Carl, Lenny & Barney, ses copains de beuverie. Même Lisa, pacifiste dans l’âme et végétarienne, deviendra une adepte de la castagne.
Malgré cette nuée de points noirs dignes d’un nerd adolescent en phase avec ses années et ses hormones, LS:LJ contient de véritables perles.
Par exemple, le simulateur de vie d’Homer que l’on appellera entre nous le Nintenhomer.
Vous pourrez soit nourrir un Homer de pizzas, de hotdogs, de tacos, de cuisses de poulet, de brochettes ou de bretzels ; soit choisir de l’affamer pour le forcer à absorber des brocolis, des carottes ou un truc blanc qui pourrait être du tofu, vu sa réaction.
Vous pourrez également le caresser dans le sens du poil, lui chatouiller les pieds.
Je vous arrête tout de suite, les yeux et ses parties intimes (que l’on devine aisément sous cet horrible slip kangourou qu’il arbore outrageusement) sont des zones insensibles aux coups de stylet (mais si, rappelez-vous, c’est le petit truc en plastique qui se range dans la DS…). Ce qui n’était pas le cas dans le Nintendog Chiwawa. Quand j’y repense, quel plaisir c’était… Enfoncer la pointe du stylet dans ces petits yeux globuleux et n’entendre qu’un petit gémissement en retour. Jubilation. Mais là, je m’égare.
Il vous faudra inévitablement tester le défibrillateur sur sa flasque personne en cas d’accident vasculaire ou pratiquer la manœuvre de Heimlich pour lui faire recracher une crevette ou un bout de saucisse.
Vous aurez aussi l’obligation, en bon éleveur d’Homer que vous êtes, de le distraire avec une baballe ou une DS. Dans le cas contraire, il vous tournera le dos et s’endormira pour une petite sieste. Pour le sortir de sa torpeur, soit vous aurez recours aux chatouilles une fois de plus, soit vous opterez pour une version plus brutale. Vous avez la possibilité d’envoyer Barth faire un carton sur son père, avec son fidèle lance-pierre. C’est aussi grâce à ce dernier recours, que vous pourrez malmener son entrejambe (de toute façon vous auriez essayé….Alors…).
Mais qu’est-ce-que vous croyez ? C’est une grande responsabilité d’élever un Homer… Sans blagues !
Tout au long de LS:LJ, vous serez récompensés, en bons sujets pavloviens, par des vidéos vraiment très drôles, que votre progression débloquera. Ainsi, c’est la bave aux lèvres et le rictus figé, que vous aurez la chance de rencontrez « le plus intello des lunetteux fan d’ordinateur » (c’est lui qui le dit), j’ai nommé M. Will Wright.
Il vous confiera que la seule de ces créations qui n’a remportée aucun succès était le « Sim Sandwich ». Il évoquera aussi le destin funeste qu’il réserve au Simpson 8bit (mais si, rappelez-vous).
En parlant de 8bit, les concepteurs de LS:LJ ont gardé une grande place pour le retro gaming. Sous prétexte de mini-jeux (utilisés une première fois comme niveau de jeu, puis accessibles à volonté) vous jouerez à des versions à peine mis au goût du jour, de classiques d’arcades comme Frogger, Donkey Kong, Space Invaders, Karateka et bien d’autres.
Ce titre n’a donc rien de révolutionnaire. Ce n’est en aucun cas le potentiel humoristique qui peut masquer la linéarité des niveaux et leur platitude digne de la Route 66.
La seule raison d’acquérir ce titre, c’est de vouloir voir Futurama revenir sur nos petits écrans.
C’est pourquoi Les Simpson : Le Jeu DS décroche péniblement un :
Oui ! Mais NON … (4/10)
La bonne nouvelle c’est que je viens de retrouver mon stylet. Cool.
FREDDY WONG
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