12 mars 2008 par MayD
Depuis cinq mois, Moussa Kaka journaliste nigérien est emprisonné à Niamey parce qu’il a été en contact avec des rebelles touaregs. A la suite de Radio France internationale, dont il est le correspondant, la presse africaine se mobilise en sa faveur.
Cela fait cent soixante-treize jours que le correspondant de RFI au Niger croupit dans les geôles du président Mamadou Tandja. Cent soixante-treize jours derrière les barreaux pour avoir tenté de faire correctement son travail. C’est trop, c’est même difficile à supporter. Telle est la situation dans laquelle vit, ou du moins survit, Moussa Kaka. C’est dire que les démocrates africains, européens et surtout les hommes de médias, et particulièrement nos confrères de RFI, sont ulcérés par cette mise au cachot de Moussa Kaka.
C’est certainement pour cela que Radio France internationale a consacré une journée de soutien à son correspondant au Niger, qui se trouve derrière les verrous dans la prison civile de Niamey. Elle a d’ailleurs lancé par la même occasion une pétition en vue d’obtenir sa libération. Moussa Kaka, directeur de la radio Saraouniya et correspondant de Reporters sans frontières (RSF), est privé de liberté parce qu’accusé de "complicité d’atteinte à l’autorité de l’Etat" par le régime de Mamadou Tandja. Son crime est d’avoir voulu exercer son métier de journaliste en toute impartialité dans un contexte de crise.
RFI, qui fait chaque jour le décompte du séjour de leur correspondant, soutient qu’il a été injustement incarcéré, puisqu’il était dans l’exercice régulier de son métier, tandis que l’Etat, lui, se fonde sur des documents portant sur des bandes sonores qui auraient été retrouvées avec le journaliste, et qui prouvent ses accointances avec la rébellion.
Les nombreuses manifestations et réactions un peu partout dans le monde et particulièrement en Afrique, n’ont rien pu face à l’inflexibilité du pouvoir nigérien. Selon le code pénal nigérien, les faits qui sont reprochés à Moussa Kaka peuvent lui valoir la prison à vie.
Au cours de son séjour dans la capitale nigérienne, le président Coulibaly a pu obtenir un permis de visite qui lui a permis de rendre visite à Moussa Kaka, détenu dans la prison civile de Niamey.
Leur entretien a porté sur les conditions de sa détention, que Moussa Kaka a jugées de satisfaisantes, comme son état de santé et son moral.
Bien sûr, le journaliste n’est aucunement au-dessus de la loi, loin s’en faut. Mais, dans cette affaire, Moussa Kaka, à la limite, est devenu un prisonnier politique. Car cette rébellion, dont on l’accuse d’être complice, est avant tout politique. Ce sont des hommes et des femmes du Niger qui ont pris les armes contre le pouvoir central parce qu’ils estiment que le pays est mal géré et qu’ils souhaitent voir une meilleure redistribution des richesses nationales. C’est tout ce qu’il y a de politique et qui peut déclencher un mouvement d’humeur d’une population donnée.
Détenir ainsi Moussa Kaka comme un vulgaire bandit n’a véritablement aucun sens. D’autant plus que Moussa Kaka, qui passe pour être le loup blanc de la scène médiatique nigérienne, est suffisamment responsable pour disparaître du pays sans laisser de traces.
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