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Non mais quel bordel !

17 octobre 2008 par Nical Digg Del.icio.us Facebook Google Technorati Live MySpace Scoopeo Wikio Furl Blogmarks Reddit Mister wong Viadeo

Au moment même ou la musique ne sais plus tellement ou elle va tant les chemins qu’elle emprunte sont différents, peut-être apparaît-il nécessaire de retracer l’évolution globale des événements, et de savoir comment on a pu arriver à Bo Diddley en passant par Haendel. Voici un petit résumé explicatif qui peut éclairer sur les évolutions d’un cheminement parfois hasardeux et inconscient.

Une réalité historique complexe

Que doit-on à la musique « classique » ? Elle-même, que doit-elle aux courants monodiques précédents ? Et eux, d’où ils viennent ceux-là ? Mmmmmh...
C’est compliqué tout ça, on comprend rien à rien au fond, et quand bien même on entend parler de musique classique, on entend tout aussi bien parler de musique baroque, de musique romantique, ou contemporaine ! Non attendez ne partez pas !

Je vais vous expliquer, ce sera très simple et très ludique ! Vous feriez quoi ? Vous iriez vous caler devant la tévé, ou voir des amis qui parlent sur vous sans vous ?
Allons, offrez-vous un moment détente-instruction ! Reposant, et passionnant ! Il est évident que je ne devrais pas tarder à rentrer dans le vif du sujet si je ne veux pas que mon rédacteur en chef me tape sur les doigts en me précisant que les 10 premières lignes de mon article sont inutiles, aussi je pense que je vais m’exécuter.

Voyons globalement, dans l’esprit du quidam, comment se présenteraient les choses si lors d’un micro-trottoir où il accepterait d’être injustement dérangé, on lui demandait « Comment envisagez-vous l’évolution de la musique depuis ces dernières cinquante mille années ? »
En supposant qu’il sache répondre, et en étant sûr également qu’il ne soit pas professeur ès musique (ce qui fausserait tout et donnerait moins de plaisir au micro-trottoiriste qui se gèle les couilles dans la rue et auquel personne ne pense jamais), on peut essayer de définir un schéma « type » de la vision de la musique qu’il nous donnerait.

Viendrait en premier lieu un homme bossu, et poilu, qui taperait avec du bois sur des pierres, et qui essaierait d’inventer le feu. Cela durerait plusieurs milliers d’années, puis un beau jour, alors que notre pauvre homme caverneux caché construirait son premier instrument à unique corde, un barde viendrait, le sortirait de sa grotte et lui pèlerait le cul avec sa lyre.
Ce même barde, bienheureux de son invention redoutablement avancée, se verrait lui-même le cul pelé par une sorte de troubadour au luth six cordes, qui connaitrait déjà les rudiments d’un système d’écriture sorti on ne sait trop d’où et aurait développé une technique de jeu et de composition déjà bien plus élaborée.

Puis patatra, un prodige à la perruque blanche, solitaire et mystérieux, et très sévère, viendrait à son tour peler le cul de tout ce beau petit monde à la fois, faisant l’éloge de la sacro-sainte musique polyphonique, supérieure. Cet homme-là serait un génie, qui composerait des pièces pour plusieurs instruments dans un langage et une structure complexe, savante et très aboutie. Enfin, avec l’apparition de l’électricité, on verrait ce génie ténébreux que l’on pourrait appeler Mozart ou Beethoven oublié par la révolution électro-acoustique qui renverserait tout sur son passage, et permettrait l’émergence de nouveaux talents comme Jimi Hendrix ou les Beach Boys.

Il va de soit que cette vision, emplie d’impérieuses images d’Epinal, est bien sûr faussée et très eurocentrique. Les musiques primaires se sont développées partout dans le monde, et les premières traces d’une activité musicale significativement évoluée se remarquent plutôt dans le Moyen-Orient, mais aussi en Asie. Ces régions et d’autres élaborèrent les premiers instruments, à savoir tambour et harpe. Evidemment leur aspect était bien plus rudimentaire que ceux que nous connaissons aujourd’hui.
Sans aller trop loin dans ces détails, il est bon de préciser que l’évolution de ces instruments se fit par tâtonnements, erreurs et hésitations, et c’est là un point important : il ne faut pas voir au travers de l’histoire des instruments une évolution rectiligne, avec un premier prototype composé d’une corde, puis deux, trois, etc., mais plutôt une gigantesque mêlée durant plusieurs milliers d’années consistant en tentatives diverses et variées. Pour illustrer, prenons l’exemple du tambour, qui primitivement serait même apparu conjointement au vase (ce ne sont que des hypothèses récentes), et a vu plusieurs « phases » d’évolution remplies d’impasses, de chemins dérivés : si on a construit il y a bien longtemps des tambours à peau de bête, parallèlement on élaborait aussi des tambours en métal. L’homme hésita ainsi sur plusieurs niveaux : matériaux, formes, ...
Pour plus de précisions, vous pouvez essayer de vous procurer L’Histoire des Instruments de Musique, de Curt Sachs (ce n’est qu’un exemple).

Le système tonal devenu valeur universelle

En ce qui concerne l’héritage théorique proprement dit, et en passant trèèèèèèèèès vite, on peut noter que les civilisations quelles qu’elles soient ont développé en premier lieu une musique où l’instrument et la voix chantaient la même chose, sans polyphonie (c’est à dire sans plusieurs « voix » à la fois, instrumentales ou humaines) : c’est ce qu’on appelle la monodie. Le tout pouvait être accompagné de percussions, elles aussi rudimentaires.

Chaque civilisation a par la suite développé ses propres particularités ; en Chine par exemple on s’est appliqué à développer les timbres, les effets possibles sur chaque instrument (vibratos, etc.) alors qu’en Occident, l’accent fut mis sur la hauteur des sons, leur durée ou leur intensité. A l’orée du 16ème siècle, la polyphonie se développa en Europe avec de nouvelles manières de voir la musique, encore floues, comme chez Palestrina, ou plus précises plus tard comme chez Corelli.

Ce système évolua de manière très prononcée de (en gros) 1600 à 1900, et c’est ce système que l’on nomme « musique tonale », car il est basé sur le principe de la tonalité, qui veut qu’une oeuvre a une couleur majeure qui lui est donnée par une note définie, un do par exemple. Le principe de base, c’est qu’autour de ce do, qui donne le ton principal de l’oeuvre, on va pouvoir petit à petit moduler, c’est à dire passer d’une tonalité de do à celle de ré par exemple, ce qui va avoir un effet sur la musique. Ce système a vu passer plusieurs périodes différentes qui assimilées aujourd’hui sous le nom de « classique » recèlent en fait en plusieurs courants. Il y eut d’abord l’époque Renaissance, puis l’époque Baroque, l’époque Classique, l’époque Romantique et enfin l’époque Moderne. C’est un peu comme les diverses périodes de l’Histoire : Histoire Antique, Moyen-Age, etc.

Malgré la révolution électro-acoustique qui suivit par la suite, force est de constater que les héritages de la musique « classique » sont aujourd’hui encore déterminants de notre manière de jouer. Ses apports sont énormes, à commencer par le système tonal, que 95% des groupes que vous ou moi écoutez utilisent. De même, de très nombreux musiciens de tous les courants sans aucune exception évoquent de nos jours de nombreuses influences classiques. La structure des morceaux est également influencée par les ébauches faites il y a de cela bien longtemps, et c’est par exemple de cette période « classique » que viennent les fameux solis instrumentaux qui aujourd’hui remportent les faveurs du public (guitare, batterie, piano,etc.).

Voilà donc une très brève explication des racines de l’actuelle musique, qui espérons-le n’aura de cesse à l’avenir de nous satisfaire, encore et toujours plus.


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