15 octobre 2008 par
Répéter, c’est très important pour n’importe quel groupe.
Pourtant, si on s’y prend mal, alors là ça peut devenir un calvaire plus qu’un plaisir. Pourquoi arrive-t-il qu’on entende plus la guitare que la basse, pourquoi l’inverse, et le plus souvent, pourquoi tout ça sonne mal équilibré, bruyant plus qu’organisé ?
A multiple questions, multiples réponses, qui vont toutes dans le même sens : surtout, prendre du temps...
En me baladant un peu sur la toile pour voir ce qui se faisait au sujet de ce dont nous allons parler aujourd’hui, je me suis rendu compte que la carence était conséquente (en même temps j’ai pas cherché « à mort à mort » non plus) en ce qui concerne, lors d’une répétition, la technique propre d’un son efficace, plus qu’en ce qui concerne tout ce qui entoure le son : retard des uns et des autres, trop de bières, etc, etc... Je n’aborderai pas ici tous ces sujets strictement périphériques au son, et qui à mon sens sont des problèmes que l’on règle soi-même selon les visées que l’on peut avoir avec son groupe.
Avant même de parler de « comment placer son ampli » il faut déjà s’accorder. A ce sujet-là d’ailleurs, il s’agit d’un geste simple qui peut sauver moult répétitions, et surtout peut être fait hors du temps de répétition déjà assez cher.
Si tout le monde trouve dix minutes avant l’heure officielle pour s’accorder, c’est déjà ça de gagné. Pour un accordage en règle, on préfèrera très franchement l’accordeur électronique en général, science beaucoup plus exacte que celle de votre oreille, et n’ayez pas honte : même les meilleurs au monde le font, alors ne culpabilisez pas avec ça, vous n’êtes pas Rostropovitch et même lui l’utilisait certainement. Prenez surtout garde à être exactement avec vôtre accordeur, pas un peu trop bas ni un peu trop haut.
Même histoire pour le batteur, qui s’il n’a pas d’aide électronique au niveau du réglage instrumental saura développer au travers de son accordage sa personnalité de jeu : il s’agit là plus de timbres que de notes, même si classiquement chaque tom-tom peut correspondre à une note. Le tout pour lui est que l’ensemble sonne cohérent, (ou pas si c’est voulu, mais là c’est autre chose !) sans gros écarts de timbres entre deux toms pour un jeu « dans la norme ». Là aussi, il faut prendre du temps, que ce soit avec sa propre batterie ou avec celle que l’on retrouve en arrivant dans le local.
Ouf ! On peut commencer à faire les balances ! Là aussi, on s’organise. Le plus simple est de commencer avec une balance basse-batterie, sur laquelle viendront se joindre petit à petit des nappes de guitare, de synthé, etc. Je conseille personnellement de commencer par des riffs calmes et sans effets, même pour ces enfoirés de métalleux.
Pas de double pédale nécessaire sauf pour vérifier l’accordage des deux grosses caisses s’il y a ; mais le tout doit être simple et pur au possible. Pourquoi ? Pendant que vous ferez vos balances, faites-vous des signes entre vous, pour vous dire ce que vous entendez ou pas, qui vous voulez entendre moins, etc. C’est souvent dans ces cas-là que ressurgissent les intérêts d’ego, mais si on veut avancer il faut y passer dessus et faire le son le plus objectif possible : n’oubliez pas que celui qui vous écoute n’entend jamais la même chose que vous, pour des raisons psychologiques et fondamentales de perception du son. Ce qui est une excellente excuse pour prendre du temps à travailler son propre son, individuellement et collectivement.
En ce qui concerne le placement dans le local, là aussi, on peut définir certains préceptes de base qui, obéissant encore une fois à la résonance des corps sonores dans un endroit clos, ont toujours fait leur preuve. En règle générale, le batteur se trouve près d’un mur, dos à celui-ci, faisant face aux autres. Pour les amplis guitare et basse, étant batteur, j’ai toujours vu des groupes jouer dans des positions différentes, mais en règle générale, l’ampli guitare et l’ampli basse étaient placés en face de moi (batteur), les enceintes de la table de mixage derrière la batterie, et ça sonnait très bien.
En fait le placement se fait surtout par tests successifs. Il peut convenir à plusieurs endroits. Par la suite faut-il encore prendre le temps lors des balances pour régler ses effets par rapport à son jeu et par rapport à celui des autres. Une question de compromis, où la tempérance fait loi !
Prenez l’habitude de jouer avec des bouchons quel que soit le cadre sonore ou environnemental de vos répétitions.
N’hésitez pas à demander l’avis aux professionnels qui vous accueillent dans leurs locaux, et qui en ont plein le cul d’entendre des répétitions massacrées.
Enfin, ne prenez pas ces quelques conseils pour argent comptant plus que tout autre : jouez au curieux, essayez les idées qui vous passent par la tête, trouvez des solutions ensemble : c’est ainsi que se forge l’identité sonore du groupe.
Bonne musique !
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