30 octobre 2007 par Nical
Elvis. Le rock. L’histoire de la musique regorge d’amalgames de toutes sortes,à la fois injustes et justifiés. Retour sur les courants principaux de la musique occidentale et ce qu’il en ressort aujourd’hui en 2007…
Il est vrai que le rockeur de Memphis qui en fit tomber plus d’une tient une place importante dans l’histoire du rock, mais loin d’être décisive. Première star de la musique à avoir été sur-médiatisée, le mythe « Elvis » a fait passer non pas à la trappe (car on ne les a pas oubliés) mais relégué loin derrière lui d’incroyables artistes aux noms qui résonnent comme ceux d’anges déchus aux enfers du rock relégués à un second rang non mérité derrière « le King » en personne.
Qui entend encore parler de John Lee Hooker, ou meme du “grand” Little Richard ? A l’instar de l’oubli de ce dernier au fil du temps, on en est assez vite venu à omettre (par arrangement ou par naiveté) de manière générale que nombre de pionniers du rock qui firent se déhancher les foules transpirantes et n’en pouvant plus de danser, éclatant de rire un verre de Martini Dry à la main, dans ces fameux Coconut Club des années 50 que l’on voit parfois à la télé dans des rétrospectives assez glauques en général, étaient noirs.
De là on peut alors comprendre que le rock découle simplement du blues et du jazz mais aussi de beaucoup d’autres facteurs culturels et sociologiques qui en font une musique identitaire dans laquelle se sont reconnus des millions de jeunes d’hier jusqu’a aujourd hui.
De la meme manière, l’évocation du jazz des années 1920-1930 va tout de suite amener la personne essayant de se transposer dans cet univers d’alors à se représenter ce fameux Louis (Armstrong) soufflant dans sa trompette, le sourire remonté jusqu’aux oreilles, entouré de ses musiciens favoris, …
Piège, encore, de ces images d’Epinal qui trottent dans nos têtues têtes trop tendres face à ces stéréotypes aux couvertures mensongères si agréables ou l’on aime se lover, fourvoyés dans l’erreur historique évidente mais bien moins dérangeante que la réalité. On oublie ainsi encore une fois que nombre de jazzmen des tous débuts furent blancs, oui absolument ! Les orchestres « dixieland » ou « new orlean’s » n’appartenaient pas qu’aux noirs ou qu’aux blancs, de meme pour le jazz et le rock, ou d’autres courants. Dans ce foutoir de trompettes et d’éclats de rires dans les Coconut club, que reste-t-il d’Amadéus ?
Diable, encore un qu’on avait failli oublié tant il a été écrasé par le succès fou des courants apparus dans les 100 dernières années. Et pourtant,sans lui, pas de rock, pas plus de jazz. En amont d’un lac coule toujours un fleuve ou un ruisseau, et la musique c’est bien comme cela qu’il faut la concevoir.
Le rap lui même n’était rien d’autre à l’origine que la musique des gamins des ghettos américains qui peu ou pas instruits dénonçaient dans une espèce de chant vocal saccadé leurs problèmes d’alors. On est étrangement très proche du mouvement contestataire d’où naquit le jazz un siècle avant et on peut même se rappeler qu’avant le rap les jazzmen on inventé le « scat », sorte de débit rapide d’onomatopées censées à la base "remplacer" un instrument. Certains exemples de scats peuvent d’ailleurs étrangement faire penser à du rap "involontaire" avant l’heure.
Ne mettons pourtant pas le rap au niveau du jazz,on ne mélange pas torchons et serviettes dorées, mais force est de reconnaitre que l’un comme l’autre servent à la meme chose. La musique sert à s’évader, on arrive aujourd’hui à une époque de déstructuration de la musique intéressante à observer dans son évolution.
Les 40 dernières années ont donc vu l’explosion de dizaines de courants musicaux étranges et inconvenants pour la plupart comme le disco. On ne sait quelle vague de folie put déferler sur le monde pendant les années 70-80, mais il semble en tout cas que face à un rap somme toute stérile car reprenant les mêmes thèmes depuis déjà 30 ans et ayant oublié d’évoluer (le rap ça suit l’evolution politique c’est bien connu), seule la musique électronique tire son épingle du jeu.
Là où les autres courants s’embourbent et se noient, celle-ci se renouvèle sans cesse dans l’invention de bruits et d’ambiances (la base même de ce style) : dans l’invention de nouveaux styles tout simplement. Si Ceephax étudie à fond l’acid presque plus comme un mode de vie que comme un simple courant musical,on peut aussi noter les excellents travaux de Laurent Garnier, Aphex Twin ou Squarepusher.
House, transe, acid, électro… Concluons globalement en observant que les musiques de ces dernières années semblent tout simplement préparer à une imminente remise en cause… fondamentale, très certainement.
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