11 avril 2008 par FREDDY WONG
Autant crever l’abcès tout de suite pour éviter les risques de septicémie galopante. Oui ; les rumeurs vont bon train et elles sont fondées. Tony Hawk a bien du souci à se faire. Comme dans la compétition, la menace vient bien souvent des plus jeunes. On reste au top durant bien des années et un petit minot fraichement débarqué, vous fait mordre la poussière, sans crier gare. Alors je vais le faire pour lui, cet ingrat. « Attention Tony ! » enfin je veux dire « Gare Tony, gare !!! ».
Je suis un jeu 360.Mais je suis aussi disponible sur PS3 et même Mobile.
Je suis un des derniers nés de chez Electronic Art.
Je suis dans les bacs depuis septembre 2007.
Je suis déconseillé au moins de 12ans.
Je suis un jeu de sport.
L’expérience que j’offre est évidement unique et crée cependant de véritables sensations.
Je suis attendu par les joueurs et les professionnels comme un outsider.
Je suis bien décidé à renverser le roi de la discipline le bien nommé Tony Hawk.
Je suis considéré par certain comme la quintessence de la simulation de planche à roulettes.
Je suis ???
Je suis…
Merci Julien.
Avec Skate, les planches-à-roulettistes viennent de quitter les salles d’arcade pour s’engouffrer dans le panthéon de la simulation sous l’égide du pape en la matière : EA.
Adieu les 360° (je ne parle pas des consoles) à outrance, ollies de douze mètres de haut, les grabes multiples de la mort qui tuent et autre figures aussi dures à décrire qu’à nommer, qui vous rapporte un milliard et demi de point.
Durant toutes les heures passées sur les nombreux épisodes de la gamme des Tony Hawk ou sur les diverses déclinaisons des sports de glisse tel que 1080 (le pendant neigeux de Nintendo) et autre S.S.X., jamais un tel engouement ne m’avait submergé. Oui ces jeux sont funs, jolis et prenants. C’est vrai. Mais aucun d’eux, jusqu’à ce jour, n’avaient opté pour une approche aussi réaliste et perfectionniste.
Nous sommes de plein pied dans la simulation. N’y pensez même pas, oui il y avait d’innombrable rimes plus drôles en « ion » mais beaucoup moins pertinentes ; alors excuser mon professionnalisme.
Donc, qui dit simulation dit forcement sensation et Skate en déborde. Dit aussi précision et il en faudra quand on abordera la question du gameplay, et dit, une fois n’est pas coutume, exploration. En bon skateur, vous vous devrez de retourner dans votre bonne vieille ville de San Vanelona (un subtil mix entre San Francisco, Vancouver et Barcelone) afin d’y trouver les différents spots dont elle regorge (œuvre d’art, parvis de centre commercial, rampes et marches d’escalier et piscine vide) car tout peux devenir votre air de jeu.
Si le mode Carrière est très sympa à jouer et qu’il est nécessaire pour faire progresser votre perso à la vue de tous, le mode Free, quant à lui est loin des paillettes. Comme dans la vraie vie, je veux dire celle qui ce déroule dehors, vous skaterez pour vous. Seul avec vous-même, pour laisser libre court à votre instinct de rebelle. Vous pourrez profiter d’un Level Design assez bien foutu, à croire que les responsables de l’urbanisation de San Vanelona sont des skateurs dans l’âme.
Vous voila prêt à incarner un jeune espoir très prometteur du skate.
Quand, tout à coup, c’est l’accident, la mouche dans le lait. Vous venez de vous faire étaler sur plusieurs mètres de la chaussée comme une vieille bouse. Durant votre perte de connaissance, votre corps inerte sera amené à croiser une grande partie de vos idoles (Mike Carroll, Danny Way, PJ Ladd, Jason Dill, Ali Boulala, Paul Rodriguez, et bien d’autres encore). Mais rassurez-vous, vous serez aussi amené à les retrouver, bien évidemment, tout au long du jeu. Le seul qui manque à l’appel est incontestablement ce bon vieux Tony Hawk.
Vous reprendrez vos esprits un peu plus tard, en vrac, dans une chambre d’hôpital, le fish-eye de la caméra de votre meilleur ami sous le nez. Dès lors, il vous suivra comme votre ombre et filmera, sous toutes les coutures, le moindre geste de votre part. Ce dernier sera pour vous comme un guide, un mentor. Il vous aidera à revenir au top de votre forme en distillant des conseils avec une voix que vous reconnaitrez surement, puisqu’il s’agit, pour la version française, de celle de Joey Tribiani de FRIENDS.
Il faut croire que vous avez laissé une bonne partie de votre matière grise sur le bitume lors de l’impact car vous devez tout réapprendre. Les figures de bases vous seront expliquées lors du premier tutoriel. Cette formalité passée, ce sera à vous de jouer. A vous les compètes et les sponsors. Et surtout, les rues de San Vanelona et sa multitude de spots plus ou moins bien cachés. En usant de persévérance et/ou d’entêtement, vous finirez très vite à faire la couverture de Trasher.
La simplicité peut être mère de sureté, dans ce cas elle est surtout mère de jouabilité.
Pour vous la faire courte.
Le joystick droit symbolise la planche et le gauche le placement de votre corps sur la susse dite planche. Les grabs sont commandés par les gâchettes. La droite représente votre main droite et la gauche, forcément, votre autre main, la gauche.
Le bouton B (rouge) freine votre élan ou peut éventuellement, vous faire lâcher votre planche, si le cœur vous en dit, lors d’une grosse figure. Quant à A et X (respectivement bouton vert et bouton bleu) servent à vous propulser avec le pied droit ou le gauche (au choix) pour gagner en vitesse. Notez que trois pulsions au sol suffisent pour atteindre la vitesse maximale.
La seule aide de l’IA que vous obtiendrez concerne les grinds. En effets ceux-ci partiront automatiquement selon les différents obstacles sur lesquels vous retomberez.
La prise en main est vraiment des plus faciles et révèle même une certaine intuitivité.
Il est certain qu’un tel gameplay nécessite énormément de précision car, la difficulté et le challenge sont au rendez vous. Il vous faudra de surcroit une bonne dose d’humilité et de modestie (des notions bien trop négligées par l’industrie), car cent fois vous devrez remettre, sur le métier, votre ouvrage. Autrement dit, pour progresser, vous serez amené à faire plusieurs tentatives avant de décrocher un succès, remporter une course ou un défi, un nouveau trick ou un spot.
Pour aider à faire passer la pilule, EA racla un des tiroirs dont ils ne se servaient pas depuis un bon moment, celui des bonnes idées.
Un marqueur de session est à votre disposition à n’importe quel moment. Placez le où il vous chante et voila votre nouveau point d’entrée. Vous y reviendrez après chaque chute ou après l’écoulement du temps impartit à une épreuve timer. Et le tout, supprimera un temps de chargement bien superflu.
Autre idée remarquable (je sais, c’est incroyable, deux dans un même jeu) et non des moindres croyez-moi, c’est la possibilité pour le joueur de saisir la moindre action en vidéo et d’avoir la possibilité de mettre son petit film en ligne pour venir grossir les rangs d’une communauté déjà bien implantée. Implantation qui n’est surement pas due à la pauvre possibilité de jouer en ligne. Une tentative décevante, pour ne pas dire bâclée, qui me semble bien anecdotique pour un tel titre (un système de tour par tour qui peut ressembler à une adaptation sur quatre roues du célèbre « qui a la plus grosse »).
Pour en revenir à l’éditeur de vidéo, vous avez la possibilité, en allant sur le menu pause, d’avoir accès aux dernières secondes de jeu et de surcroit la possibilité de les monter avec l’aide de l’éditeur.
Vous pourrez changer l’angle et le cadrage de la prise de vue originale ainsi que sa vitesse. Simple de fonctionnement et relativement intuitif, cet éditeur vous permettra de mettre en ligne vos plus beaux tricks. En dépit de ça, il vous reste la possibilité de faire comme moi. Vous repassez sous tous les angles vos plus belles gamelles et d’improviser avec vos potes des concours pirates de gamelles. Car si Skate procure tout un lot de sensations (liberté, vitesse, progression), la physique du moteur, le son et les animations renforcent bien la brutalité des chocs et arrivera facilement à vous faire serrer les dents à la vision de votre squelette, où chaque impact, fracture, entorse ou hématome sont recensés afin de faire un bilan souvent douloureux. C’est bon, ça !
Le pire, c’est que la prochaine fois que vous serez témoin de la vautre d’un jeune au détour d’une rue, loin de votre console pourtant éteinte restée dans votre salon, vous vous mettrez à rire comme à votre habitude, mais vous vous attendrez indubitablement à voir apparaitre Oscar (c’était le nom de notre squelette au collège) pour comptabiliser le degré de douleur occasionnée par la cascade.
Pour en finir avec le rayon des chutes, hématomes et contusions, faites attention à tout ce que l’environnement peut comporter comme danger. Car si le trafic automobile témoigne du vieil adage qui dit en substance : « qu’un piéton, voir un skateur, est loin d’être un obstacle infranchissable » ; sa réciproque, est beaucoup plus discutable, douloureuse et handicapante. Vous vous rendrez compte assez vite que les piétons, les autres skateurs ainsi que les vigiles seront souvent la source de superbes gamelles. Notez que ces derniers vous mettront à l’amende chaque fois qu’ils vous gauleront en flag, en vous délestant au passage d’une poignée de dollars.
Alors oui, bien sûr, il persiste quelques points noirs (rien d’étonnant pour un ado, non ?), bande de rabat-joie que vous êtes.
La première qui me vient à l’esprit est l’impossibilité, lors de la création de votre avatar, de pouvoir opter pour une rideuse (prononcez « raïdeuse » pour faire djeuns) plutôt que pour un rider (prononcez comme précédemment mais au masculin). Car si tout est paramétrable (de votre comportement à la couleur et la marque de vos baskets) la seule chose que l’on ne peut pas changer est le sexe de votre incarnation. Et je ne parle à aucun moment de longueur.
Vous serez donc forcés d’opter pour le camp des barbus… hé oui encore.
Ensuite, j’entends déjà les mauvaises langues avancer l’argument du « graphiquement c’est pas terrible tout ça ». Certes, on était en droit de s’attendre à mieux, moins de polygones eut été de bon alois. Il est aussi exact, que certaines textures n’ont pas leur place dans un jeu next-gen. C’est vrai. Dire le contraire serait pure mauvaise foi. Mais Skate est ce qu’il est et c’est déjà pas mal, croyez-moi.
Dans aucun cas, vous aurez à souffrir de quelques ralentissements. De plus, le gameplay est tellement prenant et précis, que Skate n’a pas besoin de se réfugier derrière une carapace de superbe graphisme pour être un excellent jeu.
Depuis les premiers trailers, j’attendais ce jeu comme le messie. Et pourtant, il m’est très difficile, pour ne pas dire impossible, de mettre la note maximale à ce jeu, bien que ce ne soit pas l’envie qui m’en manque.
Si une telle envie me prenait, il me faudrait présenter au Rédac-Chef mes trois derniers relevés de compte, un test de dépistage de drogue récent et une expertise psychiatrique. Et puis de toute façon, je ne crois pas en la perfection.
Donc rien que par principe, et à cause du test de dépistage, je ne mettrai qu’un 9/10.
Vous êtes skateur ou vous avez toujours voulu l’être, ce jeu est fait pour vous. Vous êtes un fan inconsidéré de la simulation ou tout simplement fan du géant américain EA (ben c’est-à-dire qu’il y’en a, si si), alors, là aussi, ce jeu est fait pour vous. Et même si vous n’êtes ni l’un ni l’autre, ce jeu est également fait pour vous.
Je vous conseille donc vivement de vous pencher sur ce titre si ce n’est pas déjà fait. Il prouve qu’une niche comme le jeu de planche à roulette, verrouillé depuis tant d’années par ce bon vieux Tony, peut être abordé différemment et être une réelle source d’innovation.
Le futur nous dira si les deux titres cohabiteront ou si l’un enterra l’autre. Dans tous les cas, il se pourrait que cette concurrence pousse les concepteurs à se surpasser pour la sortie des prochains opus.
Il prouve aussi que le géant EA est incontestablement le maitre en ce qui concerne la simulation et que la présence de guns, d’un ballon ou de cristal vert au-dessus des personnages n’est pas une obligation pour créer une bonne licence.
Le skate est mort, Vive Skate.
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