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The Hours

20 juin 2008 par Nailujema

Ce film de 2003 raconte comment le livre « Mrs Dalloway » touche trois générations de femmes qui, d’une façon ou d’une autre, envisageront le suicide à une période difficile de leur vie.

On s’attend à ce que The Hours relate en détails la vie de ces trois femmes - Virginia Woolf (Nicole Kidman), Laura Brown (Julianne Moore) et Clarissa Vaughan (Meryl Streep). Mais non. On apprend à les connaître à travers une journée de leur vie, ça parait court, mais largement suffisant pour le message que souhaite faire passer le réalisateur. Et au final, on connaît et comprend bien ces femmes.

Le tout accompagné d’une musique somptueuse et envoûtante, représentant les émotions du film à merveille… une sorte de suspense impalpable, surprenant, mais invisible et agaçant dans notre impuissance à soutenir les trois femmes.

Des personnages époustouflants.

Nicole Kidman est méconnaissable. Son maquillage ne rend son personnage que plus réel, on en oublie presque qu’une actrice se cache derrière. Son personnage est vraiment étrange. Mal dans sa peau, et on ne comprend pas trop finalement d’où vient ce mal être. Ou peut-être que si justement. Malgré des époques différentes, sa vie pourrait être la même aujourd’hui. Une vie sans satisfaction, bien qu’elle ait tout. Mais où rien n’est assez.

Julianne Moore est superbe. Son personnage est tout aussi torturé que celui de Virginia Woolf. On souffre avec elle, on souhaite pour son fils qu’elle aille mieux. Mais on traverse tout de même avec elle cette journée difficile, où elle atteint un point de non-retour dans cette vie qui l’insatisfait, et où elle a l’impression de ne pas s’accomplir, de ne pas être elle-même.

Et Meryl Streep semble plus forte, tente de surmonter ses démons. Son ami Richard (Ed Harris), atteint du Sida, l’aide sans doute à relativiser et à accepter la vie. Mais l’un dans l’autre, on comprend que, malgré les apparences, cette femme du 21e siècle souffre.

Il y a évidemment une morale à tout ça.

Alors comment trouver de l’intérêt dans un film si déprimant ? Le livre « Mrs Dalloway » fait partie de la vie de ces trois femmes à la même période de doute de leur vie ; Virginia l’écrit, et Laura et Clarissa le lisent. Mais à trois époques différentes. Et pourtant rien ne change vraiment. Chacune doit trouver le courage de continuer de vivre, en dépit d’avoir l’impression de porter le monde sur ses épaules. Elles devront comprendre qu’elles ne sont pas seules. Qu’elles ne sont pas seules non plus dans leur combat. Le livre les y aidera, mais aussi leurs amis. Chacun souffre à sa manière. Il faut vaincre ses démons et accepter la vie, ne pas la fuir, ne pas mourir.

Virginia et Laura le disent à la fin, il faut aimer sa vie pour ce qu’elle est. Dans ce dénouement, en plus du livre qui lie les trois femmes, on découvre un autre lien, inattendu, ou pas… Laura avoue avoir fui. Mais elle ne regrette rien, même si elle a dû quitter ses proches, même si elle s’en veut, c’était son choix, elle en avait besoin à ce moment là, pour vivre, pour survivre. Aimer sa vie, la regarder en face, l’accepter, s’en souvenir. Et Clarissa sera la seule à y parvenir, malgré la mort, malgré la fatalité, malgré la dureté de la vie.

The Hours peut paraître déprimant, mais reste un film magnifique, qui donne de l’espoir. Parce qu’on n’est plus au temps de Virginia Woolf, parce qu’on est plus libre. Pas forcé de se marier à 16 ans, d’avoir des enfants, que c’est tout ce que pouvait espérer une femme à cette époque. Parce que la vie c’est beaucoup plus que ça, et qu’en même temps c’est pas grand chose. Il faut savoir en profiter. Prendre du recul pour mieux l’apprécier, l’observer, ne pas regretter ses choix, et se dire que finalement elle n’est pas si mal, cette vie.


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