14 novembre 2008 par
Les vacances d’été d’un enfant de 6 ans en Pologne. Ce film est un véritable bol d’air et d’imagination. Le monde que le réalisateur nous instaure est réel, c’est celui de la campagne polonaise, rude. Un air d’accordéon champêtre rappelant quelques mélodies de Goran Bregovic nous introduit dans l’univers enjoué et onirique de Stefek, jeune garçon de 6 ans. Une grande partie du film seras perçu par ses yeux.
Les situations les plus dures vont être regardées en face et analysées par les personnages. Il est question ici de nous montrer la beauté du monde qui nous entoure et comment un enfant la perçoit. Tout est probable pour Stefek, la peur n’existe pas encore et c’est pour cela qu’il joue sur les rails des trains en approche comme sur une aire de jeux.
Cette obsession pour les trains qui tiraille le jeune garçon intrigue le spectateur frémissant à chaque sifflement annonçant l’arrivée d’un train. Le réalisateur ponctue son film de scène dans la gare, endroit clé pour Stefek car c’est là où il croit voir son père chaque jour.
Stefek est élevé par sa soeur et l’ami de celle-ci. Tous trois sont très liés et rêvent d’avenir heureux dans une Pologne où la prospérité ne serait pas au rendez-vous. La soeur de Stefek, Elka travaille en tant que plongeuse en parallèle de cours d’italien qu’elle suit le soir. Elle se rend chaque jour dans une entreprise dans l’espoir d’un travail plus gratifiant.
Stefek passe donc des heures à l’attendre sur le parking de l’entreprise. Les journées de nos protagonistes n’ont rien d’épanouissant. Les sans-abris sont moins considérés que les chiens par la population. Les personnages essaient par leurs proprees moyens de faire tourner la chance sur les plus mal lotis de la société. Un message humain passe donc à travers plusieurs scènes.
La question du film porte sur le monde de l’enfance et l’optimisme qui l’accompagne. Les images poétiques se succèdent pour ranimer la vie dans l’ambiance grise régnant en arrière plan. La caméra filme le monde tel qu’il est, l’image n’est pas sublimée.
Le jeu prend une grande place dans l’intrigue, c’est par le hasard impromptu que les choses se déploient. Le spectateur se laisse prendre au jeu et commence à croire à la chance qui trouve toujours son chemin ici.
Véritable message d’optimisme et de nature retrouvée, comme pour oublier le brouhaha technologique qui nous entoure et retrouver les choses vraies le temps d’un film. Bien sur, l’idéalisme du film est palpapable et ne trompe pas le spectateur. On est bien conscient du caractère utopique de l’issue d’un certain nombre de scènes. On se met pourtant aisément à la place de Stefek pour se laisser porter par le scénario.
Un film à aller voir en cas de coup de blues, histoire de voir la vie du bon côté en sortant de la séance.
Cordier Amandine
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